Brigands et chansons : l’altérité slave dans le transfert culturel de l’époque romantique

Si le transfert culturel a pu être comparé à la traduction, c’est bien parce que s’y déploie un processus d’annexion. Dans le cas des « fragments d’une nouvelle ukrainienne » intitulés Gajdamak (1826-1827) d’Orest Somov et de la nouvelle « Pan Tvardovskij » de Mixail Zagoskin (1834), l’annexion...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/res,
Autore principale: Decourt, Laetitia
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Revue des études slaves 2019
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Si le transfert culturel a pu être comparé à la traduction, c’est bien parce que s’y déploie un processus d’annexion. Dans le cas des « fragments d’une nouvelle ukrainienne » intitulés Gajdamak (1826-1827) d’Orest Somov et de la nouvelle « Pan Tvardovskij » de Mixail Zagoskin (1834), l’annexion touche le motif du brigand noble hérité de la littérature d’Europe occidentale, mais aussi des territoires culturels mettant en jeu, dans l’imaginaire littéraire russe, la notion d’altérité au sein de l’espace slave. Dans leur relecture du motif, ces deux auteurs ne gardent que deux composantes, la dénonciation de l’injustice sociale et le folklore, leur permettant d’assouvir l’exigence littéraire d’esprit national. Le nouvel élément qu’ils apportent est une réflexion sur la langue russe dans son rapport à une altérité linguistique proche (ukrainien, polonais). La valorisation de l’ukrainien et l’abâtardissement du polonais dévoilent une opposition d’enjeux plus politiques que littéraires.