Une mission sacrée pour qui ? Quelques réflexions sur l’Intégration Nationale et le Mandat britannique en Irak

L’idée d’un objectif moral était inhérente à la création des mandats au Proche-Orient au lendemain de la guerre. Il s’agissait en particulier pour les Grandes Puissances de préparer activement à l’indépendance dans un futur qui ne soit pas trop éloigné les pays dont ils avaient la charge. Pratiqueme...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/remmm,
Autor principal: Sluglett, Peter
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée 2012
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:L’idée d’un objectif moral était inhérente à la création des mandats au Proche-Orient au lendemain de la guerre. Il s’agissait en particulier pour les Grandes Puissances de préparer activement à l’indépendance dans un futur qui ne soit pas trop éloigné les pays dont ils avaient la charge. Pratiquement, à l’opposé des idéaux entourant leur création, les nouvelles structures qui émergèrent étaient largement le reflet du désir des grandes puissances de forger des institutions à travers lesquelles elles puissent exercer leur contrôle. En Irak, les considérations économiques dictèrent la formation d’une lourde armée nationale soutenue, si nécessaire, par la puissance de la Royal Air Force. Cela conduisit à l’emploi de la force dans des situations pour lesquelles des solutions administratives auraient été plus appropriées et, en fin de compte, à l’échec des efforts de création des structures institutionnelles qui auraient été capables de résister à la domination de petites cliques militaires. De même, la politique britannique a été de gouverner par l’intermédiaire de l’“aristocratie de service” arabe sunnite, en accordant un statut de minoritaire à la majorité chiite de la population. Si cela a été toléré tant que les chiites sont restés en bas de la hiérarchie socio-économique, l’élévation du niveau d’éducation et les progrès de la conscience politique ont représenté une menace pour le statu quo, d’abord sous la monarchie puis sous la république.