Le corps entre sacré et profane : la réforme des pratiques pèlerines en Égypte (xixe-xxe siècles)
Les pèlerinages annuels aux tombes des saints, les mouleds, sont l’un des phénomènes saillants de la culture religieuse égyptienne, aussi bien pour les coptes que pour les musulmans. Nés à la fin de l’époque mamelouke, les mouleds n’ont été décrits soigneusement que par leurs détracteurs, notamment...
Spremljeno u:
| Izdano u: | URI:https://journals.openedition.org/remmm, |
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| Glavni autor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée
2012
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| Online pristup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sažetak: | Les pèlerinages annuels aux tombes des saints, les mouleds, sont l’un des phénomènes saillants de la culture religieuse égyptienne, aussi bien pour les coptes que pour les musulmans. Nés à la fin de l’époque mamelouke, les mouleds n’ont été décrits soigneusement que par leurs détracteurs, notamment les réformistes musulmans de la fin du xixe siècle et de l’entre-deux-guerres, ou par les voyageurs européens du xixe siècle, épris de pittoresque et de scandale. Tous s’entendent pour relever ou dénoncer l’exaltation du corps qu’entraînent les mouleds, et pour relever le “mélange de sacré et de profane” qui caractérise ces fêtes et où le corps est le véhicule principal du sacré. Ce qui choque, c’est de voir les pèlerins associer les dévotions à la danse, les prières à la fête foraine, l’élan vers Dieu à la pantomime obscène, le pèlerinage aux satisfactions du corps dans ses besoins les plus triviaux, le miracle à la prostitution.Les efforts conjugués de l’État égyptien et des clercs musulmans réformistes se sont donc employés, depuis la fin du xixe siècle, à “spiritualiser” les pèlerinages. Les tenants du Renouveau copte, plus récemment mais encore plus efficacement, se sont joints aux musulmans pour “épurer” les mouleds. Chez les coptes comme chez les musulmans, distinguer profane et sacré revient à séparer corps et âme. Le refus de la culture folklorique où s’ancraient les usages pèlerins du corps est devenu le discours officiel : il renvoie à une conception sécularisée du sacré où le corps n’a plus sa place. |
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