Les Grecs d’Istanbul après la conquête ottomane.

La tradition, et parfois même l’historiographie récente, se plaisent à imaginer une continuité quasi ininterrompue dans la communauté grecque-orthodoxe de la capitale ottomane depuis la conquête jusqu’au début du xxe siècle. Les sources disponibles semblent toutefois indiquer une réalité différente....

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/remmm,
Auteur principal: Yerasimos, Stéphane
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée 2012
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:La tradition, et parfois même l’historiographie récente, se plaisent à imaginer une continuité quasi ininterrompue dans la communauté grecque-orthodoxe de la capitale ottomane depuis la conquête jusqu’au début du xxe siècle. Les sources disponibles semblent toutefois indiquer une réalité différente. Le repeuplement de la ville après 1453, se fait pratiquement à partir de zéro, dans le cadre d’une politique qui entend donner un aspect multiconfessionnel à la ville. Parmi les non musulmans, l’élément grec orthodoxe reste prédominant, comme il apparaît du dénombrement de 1478 qui marque la fin du repeuplement. Cette population baisse toutefois considérablement, aussi bien en chiffres absolus qu’en pourcentage de la population totale pendant la première moitié du xvie siècle. Ainsi, le siècle qui suit la conquête de la ville paraît assez atypique par rapport à l’évolution ultérieure de la communauté grecque-orthodoxe et l’extrapolation vers l’arrière faite à partir des données du xviie et du xviiie siècle ne semble pas correspondre à la réalité, aussi bien en ce qui concerne le poids démographique que l’importance économique de cette communauté.