Les transformations de l'image de Saladin dans les sources occidentales

Le personnage de Salāh al-din Yūsuf, officier kurde au service de Nūr al-dïn devenu maître de l'Égypte puis de Damas et enfin d'Alep, et fondateur de l'empire ayyoubide, a été fort controversé de son vivant avant de devenir pour la postérité « le plus pur des héros de l'Islam »....

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Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/remmm,
Prif Awdur: Richard, Jean
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée 2009
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Crynodeb:Le personnage de Salāh al-din Yūsuf, officier kurde au service de Nūr al-dïn devenu maître de l'Égypte puis de Damas et enfin d'Alep, et fondateur de l'empire ayyoubide, a été fort controversé de son vivant avant de devenir pour la postérité « le plus pur des héros de l'Islam ». Pour ses adversaires, les Francs d'Orient, il a de bonne heure suscité leur curiosité, et ceux-ci ont recueilli des informations qu'ils ont utilisées, dès avant 1187, dans un Carmen de Saladino où l'aventurier qu'il était à leurs yeux est présenté sous des traits peu recommandables. Son manque de fidélité envers ses maîtres est particulièrement souligné. Les coups très durs qu'il a portés aux Francs ont été assortis de traits de cruauté ; mais ce sont les manifestations d'un esprit chevaleresque, dont les valeurs étaient communes aux deux camps, qui ont vite retenu l'attention. Le trouvère Ambroise le regarde encore comme un ennemi fort capable de perfidie ; mais le traducteur de Guillaume de Tyr adoucit les remarques du livre qu'il mettait en français pour le rendre plus sympathique. Les textes de caractère épique où il apparaît dans la première moitié du XIIIe siècle (Estoires d'Outremer, Ordene de Chevalerie) accentuent ce caractère. Mais c'est dans le second cycle de la croisade qu'on le pare des qualités les plus éminentes qu'on attend d'un chevalier. On lui prête des origines chrétiennes (La fille du comte de Ponthieu) et on lui attribue le beau rôle, en insistant sur sa générosité et sur sa bravoure, en lui faisant arbitrer des controverses religieuses, en lui prêtant enfin une aspiration à une mort chrétienne, qui sont bien loin du portrait que faisaient de lui les Francs de la fin du XIIe siècle.