Le mahdi oublié de l'Inde britannique : Sayyid Ahmad Barelwî (1786-1831), ses disciples, ses adversaires

Tournant le dos aux interprétations nationalistes indiennes et pakistanaises, cet article restitue la dimension millénariste de la carrière de Sayyid Ahmad Barelwî (1786-1831). Ce soufi naqshbandi, qui fut successivement soldat de fortune et réformateur religieux, lança en 1826 un jihâd contre les S...

詳細記述

保存先:
書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/remmm,
第一著者: Gaborieau, Marc
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée 2009
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
その他の書誌記述
要約:Tournant le dos aux interprétations nationalistes indiennes et pakistanaises, cet article restitue la dimension millénariste de la carrière de Sayyid Ahmad Barelwî (1786-1831). Ce soufi naqshbandi, qui fut successivement soldat de fortune et réformateur religieux, lança en 1826 un jihâd contre les Sikhs et contre la présence britannique en Inde. Il disparut mystérieusement lors d'une bataille, et ses disciples attendirent son retour comme mahdi pendant plus d'un demi-siècle. Cette ultime arrière messianique est interprétée en quatre étapes. Je montre d'abord comment le contexte politique et social favorisait le développement d'idées millénaristes. La mentalité religieuse de l'époque et la place qu'y occupait l'eschatologie sont ensuite étudiées. La carrière posthume de Sayyid Ahmad comme mahdi est ensuite restituée à travers les sources coloniales. Enfin l'examen de documents originaux en persan écrit avant la mort de Sayyid Ahmad corrigera cette image coloniale, tout en montrant que, déjà de son vivant, il était bien perçu par ses disciples comme une sorte de mahdi du milieu des temps, analogue à certains égards au mujaddid tek que le concevaient les Naqshbandis.