Le demandeur d’asile : un « exclu » parmi d’autres ? La demande d’asile à l’épreuve des logiques de l’assistance

Sous l’effet de l’augmentation du nombre de demandes d’asile enregistrées en France récemment, de la longueur des délais d’instruction des dossiers et de la faiblesse du montant des aides financières prévues par la législation, nombre de demandeurs d’asile sont aujourd’hui amenés à se tourner vers l...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/remi,
Auteur principal: Frigoli, Gilles
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Revue européenne des migrations internationales 2008
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Sous l’effet de l’augmentation du nombre de demandes d’asile enregistrées en France récemment, de la longueur des délais d’instruction des dossiers et de la faiblesse du montant des aides financières prévues par la législation, nombre de demandeurs d’asile sont aujourd’hui amenés à se tourner vers les services sociaux et les lieux d’accueil caritatif pour organiser les conditions de leur survie. À partir d’une enquête menée dans un département du sud de la France, qui montre comment s’est progressivement constituée une offre de prise en charge sociale à destination des demandeurs d’asile, l’article décrit le sort que réserve à ces populations un mode de gestion de la précarité, l’assistance, qui soumet l’attribution des aides disponibles à l’appréciation en situation de la légitimité des demandes exprimées. Il apparaît alors que le statut de migrant politique tend à céder la place à celui d’« exclu » amené, au même titre que tous ceux qui se tournent vers l’assistance, à prendre place sur l’échelle des priorités qu’établissent les acteurs en charge des publics en difficultés. Dans un contexte où de nombreux observateurs s’interrogent sur la fragilisation du droit d’asile sous le poids des exigences de la politique d’immigration, on peut dès lors se demander s’il faut voir dans la généralisation du recours à l’assistance un signe supplémentaire de la banalisation de la figure du demandeur d’asile dans le champ de la marginalité sociale.