Sens et usages de « l’ethnicisation »
Les sociologues qui œuvrent aujourd’hui dans le champ des relations interethniques ont fait de l’ethnicité un concept dynamique désormais non essentialiste. Si le potentiel heuristique du concept tient dans l’idée que ces rapports ethniques, du fait de leur caractère transversal, sont des rapports i...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/remi, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Revue européenne des migrations internationales
2010
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| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Les sociologues qui œuvrent aujourd’hui dans le champ des relations interethniques ont fait de l’ethnicité un concept dynamique désormais non essentialiste. Si le potentiel heuristique du concept tient dans l’idée que ces rapports ethniques, du fait de leur caractère transversal, sont des rapports intrinsèquement économiques, politiques et culturels, on tend encore trop souvent à les considérer en France comme des relations culturelles ou pseudo-culturelles se développant « à côté » ou masquant des rapports économiques et politiques. Dans le contexte français, l’expression « ethnicisation des relations sociales » est souvent utilisée. Au delà du constat de la saillance des catégorisations ethniques, cette expression marque une volonté de distance avec l’approche essentialiste ; mais elle renvoie souvent à une explication en soi alors qu’elle constitue précisément le phénomène à étudier. Certains usages, qu’ils émanent de chercheurs, de journalistes ou encore d’élus, suggèrent clairement qu’il y a là une forme pathologique ou pervertie de relations sociales, un phénomène qu’on déplore et contre lequel il convient de lutter. En questionnant la popularité de cette expression en France et son absence ailleurs, on s’aperçoit qu’elle contribue à occulter les relations interethniques telles qu’elles sont à l’œuvre actuellement en Europe. Le succès de l’« ethnicisation » serait finalement l’aveu de l’impensé de l’ethnicité. |
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