La morale minimale à l’école

Tous les projets de ramener l’instruction morale à l’école ont confondu la question du juste et celle du bien. La première concerne nos rapports aux autres : dans quelle mesure sommes-nous respectueux, équitables, etc. ? La seconde est celle de savoir ce qu’on va faire de soi-même : du style de vie...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/ree,
Autor Principal: Ogien, Ruwen
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Recherches en éducation 2021
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Tous les projets de ramener l’instruction morale à l’école ont confondu la question du juste et celle du bien. La première concerne nos rapports aux autres : dans quelle mesure sommes-nous respectueux, équitables, etc. ? La seconde est celle de savoir ce qu’on va faire de soi-même : du style de vie qu’on veut mener, du genre de personne qu’on doit être, des ingrédients de la vie « bonne » ou « heureuse ». Faut-il être un épargnant raisonnable ou un flambeur ? Un lève-tôt qui essaie d’en faire le plus possible, ou un lève-tard qui essaie d’en faire le moins possible ? Le moralisme consiste à privilégier une de ces visions du bien personnel, et tout programme scolaire qui prétend imposer aux élèves une certaine vision de ce bien personnel au détriment des autres est moraliste. Le projet minimaliste essaie, dans la mesure du possible, d’éviter d’importer le moralisme à l’école. Il repose sur les principes suivants. Dans l’école démocratique, laïque et pluraliste, il est légitime d’instaurer une instruction civique, dont l’objectif est d’enseigner aux élèves le fonctionnement des institutions politiques, et de les rendre sensibles aux normes du juste, c’est-à-dire, entre autres, de la coexistence entre personnes dont les conceptions du monde sont divergentes. Mais la légitimité d’une éducation morale obligatoire, dont l’ambition serait d’engager les élèves dans la vie « bonne » ou « heureuse », ou de leur transmettre une certaine vision du bien, ou des « valeurs » serait aussi contestable qu’un programme d’enseignement d’une religion particulière.