Émanciper et conformer : les tensions de la socialisation civique à l’école primaire

La construction de l’autonomie politique des élèves, liée à la mission d’éducation à la citoyenneté de l’école depuis la Troisième République, fait l’objet de débats depuis trois décennies : il est de plus en plus question d’accorder à l’enfant des formes (limitées) de citoyenneté à l’intérieur même...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/ree,
1. Verfasser: Bozec, Géraldine
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Recherches en éducation 2021
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:La construction de l’autonomie politique des élèves, liée à la mission d’éducation à la citoyenneté de l’école depuis la Troisième République, fait l’objet de débats depuis trois décennies : il est de plus en plus question d’accorder à l’enfant des formes (limitées) de citoyenneté à l’intérieur même de l’école. Pour autant, à partir d’une enquête qualitative dans des écoles primaires, on relève que l’autonomie citoyenne est diversement appréhendée et mise en œuvre d’une classe à l’autre, selon les profils idéologiques des enseignants et les contextes sociaux d’enseignement. Au-delà de ces variations, l’autonomie citoyenne est avant tout pensée à l’école comme un affranchissement des enfants vis-à-vis de leur famille – et de certaines familles plus particulièrement – et leur adhésion aux règles et valeurs qui sont celles de l’institution scolaire et/ou de l’enseignant(e). Ce processus conduit à des jugements différenciés sur les enfants, en fonction des caractéristiques de leur socialisation familiale, plus ou moins congruentes, sur le plan scolaire et politique, avec ce qui est valorisé par les enseignants. L’autonomie politique, dans sa version scolaire, met aussi l’accent sur la figure d’un citoyen individuel – et non sur un acteur inscrit dans des collectifs, quels qu’ils soient – car elle renvoie en premier lieu à l’autonomie de la pensée et à l’indépendance intellectuelle.