Springer/ProSiebenSat.1 : quel droit de la concurrence ?
Le 1er février 2006, le géant de la presse Axel Springer AG (ASV) et le groupe de télévision ProSiebenSat.1 Media AG (P7S1) annonçaient qu’ils mettaient fin aux négociations ouvertes le 5 août en vue d’un rapprochement. L’échec de la fusion du premier éditeur de presse allemand et européen avec le s...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/rea, |
|---|---|
| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
Regards sur l’économie allemande
2008
|
| Témata: | |
| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Le 1er février 2006, le géant de la presse Axel Springer AG (ASV) et le groupe de télévision ProSiebenSat.1 Media AG (P7S1) annonçaient qu’ils mettaient fin aux négociations ouvertes le 5 août en vue d’un rapprochement. L’échec de la fusion du premier éditeur de presse allemand et européen avec le second opérateur de télévision sur le marché médiatique allemand – le principal d’Europe – est riche d’enseignements. Dans le veto des instances allemandes, le poids du quotidien Bild n’aura été qu’un prétexte au regard d’une réglementation dont le cas ASV/P7S1 a mis en évidence les incohérences et contradictions foncières. Il a remis à l’ordre du jour les conflits entre les diverses sources du droit allemand et communautaire des médias comme de la concurrence, avivés par les incertitudes juridiques liées aux mutations du secteur depuis que s’accélère la convergence avec les télécommunications et appelant une révision du droit. Pour la première fois depuis la libéralisation de l’audiovisuel dans les années 1980, pluralisme des opinions et pluralité des acteurs économiques se sont révélés inconciliables dans la pratique du droit. A ces conflits que la France partage avec l’Allemagne, comme le révèle le Rapport de la Commission Lancelot, s’ajoutent outre-Rhin une réglementation des médias qui exacerbe les crispations sur les compétences respectives des Länder et du Bund, ainsi qu’une approche de la régulation sectorielle de l’audiovisuel dont le pivot est une doctrine du service public désormais incompatible avec la libéralisation du marché des services d’intérêt (économique) général. |
|---|