Les jobs à 1 € : du welfare au workfare

Les « occasions de travail indemnisées », plus communément appelées « jobs à 1 € », ont été introduites par la Loi Hartz IV comme un instrument susceptible de rapprocher du marché du travail des chômeurs de longue durée difficiles à placer ainsi que de vérifier la disponibilité pour un emploi des bé...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/rea,
Autor principal: Lestrade, Brigitte
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Regards sur l’économie allemande 2008
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Descripció
Sumari:Les « occasions de travail indemnisées », plus communément appelées « jobs à 1 € », ont été introduites par la Loi Hartz IV comme un instrument susceptible de rapprocher du marché du travail des chômeurs de longue durée difficiles à placer ainsi que de vérifier la disponibilité pour un emploi des bénéficiaires de l’aide sociale aptes au travail. Il s’agit en principe d’occupations d’intérêt général pour lesquelles les participants, qui se trouvent dans l’obligation d’accepter les emplois proposés, perçoivent non pas un salaire mais une indemnisation en sus de leurs revenus de substitution. D’abord réticents, les offreurs de jobs à 1 €, les associations et les communes notamment, ont créé un nombre important d’occasions de travail de ce type, au point que le gouvernement, qui table sur 600 000 créations de tels jobs, en espère un impact sur les statistiques de l’emploi. Mais peut-on vraiment parler d’un instrument d’insertion pour les chômeurs de longue durée ? Le patronat émet des doutes, craignant que les jobs à 1 € se substituent à des emplois réguliers et les privent de commandes. Les syndicats, plus virulents, redoutent le même effet de substitution, mais craignent plus généralement un déclassement du salariat, en termes de compétences et de salaires. Ils considèrent cet instrument comme particulièrement inadapté pour les jeunes sans formation. Bien que les « occasions de travail indemnisées » de ce type ne soient pas une nouveauté dans l’instrumentaire de la politique de l’emploi outre-Rhin, les jobs à 1 € marquent une étape importante, car ils sont le signe que l’Allemagne prend ses distances par rapport à l’Etat-providence et se rapproche d’une conception plus anglo-saxonne de la responsabilité de l’individu.