La transition énergétique allemande : mission impossible ?

« Les Japonais font machine arrière sur l’abandon du nucléaire – par peur de voir s’envoler le prix de l’électricité. Le tournant énergétique n’est possible que si on a les moyens de se l’offrir ». C’est sur cette remarque acerbe que s’ouvrait un éditorial du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/rea,
Autor principal: Bourgeois, Isabelle
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Regards sur l’économie allemande 2014
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Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Resumo:« Les Japonais font machine arrière sur l’abandon du nucléaire – par peur de voir s’envoler le prix de l’électricité. Le tournant énergétique n’est possible que si on a les moyens de se l’offrir ». C’est sur cette remarque acerbe que s’ouvrait un éditorial du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, commentant le retour inconditionnel au nucléaire décidé par le Japon au début de février (F.A.Z., 09-02-2014). En Allemagne, l’avarie de la centrale de Fukushima après le tsunami de 2011 avait soulevé un vent de panique, et le gouvernement Merkel II avait annoncé le 30 mai 2011 l’abandon accéléré du nucléaire en 2022. Le gouvernement Merkel III, constitué à la fin de 2013, a fait de l’aménagement de cette sortie l’un des axes majeurs de sa politique – au nom de la compétitivité industrielle du site Allemagne.Mais alors que les milieux industriels affirmaient en mai 2011 partager « foncièrement la volonté politique d’une révolution énergétique » (BDI, communiqué du 29-05-2011), le ton a vite changé. Six mois plus tard, ils conjuraient les pouvoirs publics de « ménager le tournant énergétique de manière à ce que la compétitivité mondiale de l’Allemagne n’en souffre pas et que soit préservé l’emploi industriel » (BDI, position du 14-12-2011). Deux ans après, Ulrich Grillo, président de la Fédération de l’industrie BDI, voit planer un risque aigu sur la compétitivité ; il constate que l’adhésion des industriels comme des ménages à la transition énergétique est en chute libre. Les premiers s’alarment parce que ni la sécurité ni la rentabilité de l’approvisionnement en électricité ne leur semblent garanties de manière suffisante, les seconds grognent parce que leur facture énergétique explose. Sans une révision urgente de cette politique, l’Allemagne sera bientôt « l’homme malade de l’Europe », conclut-il (Die Welt, 20-11-2013). Si l’objectif du tournant énergétique reste consensuel, ce sont les modalités de sa mise en œuvre qui se trouvent actuellement sur la sellette – tout particulièrement la loi de promotion des énergies renouvelables (Erneuerbare Energien-Gesetz, EEG) de 2000. Le subventionnement massif des renouvelables fausse un marché de l’électricité libéralisé depuis 1999, inhibe l’innovation technologique contrairement à ses objectifs affichés, entretient une course aux subventions, viole le droit européen…. Si ces griefs – et les conclusions des experts sur lesquels ils reposent – ne sont pas nouveaux, la sortie accélérée du nucléaire a révélé au grand jour les problèmes de fond d’une transition énergétique qui frôle désormais l’impasse. Le gouvernement fédéral s’apprête à réformer d’urgence la Loi EEG d’ici l’été….