Gouvernance de la zone Euro : comment prévenir la défaillance du politique ? – Le point de vue allemand –

Dix ans après sa création, l’Union monétaire traverse une profonde crise, au point même de nourrir, à la fin 2011, la crainte d’un éclatement de la zone Euro. La principale raison évoquée est que, si ses pères fondateurs avaient pu unifier la politique monétaire, ils n’ont pas réussi à sceller une U...

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গ্রন্থ-পঞ্জীর বিবরন
প্রকাশিত:URI:https://journals.openedition.org/rea,
প্রধান লেখক: Busch, Berthold, Matthes, Jürgen
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: Regards sur l’économie allemande 2013
বিষয়গুলি:
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সংক্ষিপ্ত:Dix ans après sa création, l’Union monétaire traverse une profonde crise, au point même de nourrir, à la fin 2011, la crainte d’un éclatement de la zone Euro. La principale raison évoquée est que, si ses pères fondateurs avaient pu unifier la politique monétaire, ils n’ont pas réussi à sceller une Union politique et encore moins à faire en sorte que les politiques fiscale, budgétaire et économique menées par chacun des membres de la zone Euro respectent suffisamment les engagements liés à la monnaie unique. Malgré l’impossibilité de sceller jusqu’ici une Union politique, l’Union économique et monétaire (UEM) n’est pas pour autant condamnée à l’échec ; la centralisation de ces politiques n’est en effet pas le préalable au succès durable de l’Euro. Car les enseignements tirés de la crise de la dette au sein de la zone Euro – et bien plus encore les réformes qu’elle a suscitées – ont considérablement amélioré les conditions grâce auxquelles une action autonome, non centralisée, des Etats membres suffira pour préserver l’avenir de l’Euro. A l’appui de cette thèse, nous passerons en revue les multiples réformes engagées récemment, souvent d’ailleurs à l’initiative de l’Allemagne. Leur adoption n‘a pas été chose aisée et s’était heurtée parfois à la forte résistance des Etats du sud de la zone Euro, et en partie de la France. Elles s’expliquent par de profondes divergences dans l’approche de la politique économique, de la notion de l’Etat et de son rôle, comme des mécanismes du marché, qui distinguent la France et l’Allemagne et sont particulièrement flagrantes depuis l’alternance politique à la suite des élections présidentielles de mai 2012. L’approche allemande, que cette contribution cherche à rendre plus accessible au lecteur français, repose sur le concept, largement partagé par la coalition actuellement au gouvernement (et même au-delà), de l‘Ordnungspolitik. Ce terme, qui n’a pas d’équivalent en français, désigne le fait que le rôle de l’Etat est de fixer un ensemble de règles (« ordre ») permettant aux forces du marché de fonctionner efficacement. Dans l‘approche ordo-libérale, le défi consiste donc à prévenir la défaillance du marché. Aujourd’hui, ce défi s’étend également à la prévention du risque de défaillance de l’Etat, ce qui amène à considérer sous l’angle des incitations économiques jusqu’à l’action des acteurs politiques eux-mêmes.