Le système productif allemand à l’épreuve de « l’économie de bazar »

Très durement frappée par la crise dès le printemps 2008 et avec un PIB en recul historique de 4,7 % en 2009, l’économie allemande s’est par la suite engagée dans une trajectoire de rapide sortie de crise, voyant son PIB progresser de 3,6 % sur l’ensemble de l’année 2010. En 2010, selon les première...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/rea,
Hlavní autor: Lallement, Rémi
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Regards sur l’économie allemande 2011
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Très durement frappée par la crise dès le printemps 2008 et avec un PIB en recul historique de 4,7 % en 2009, l’économie allemande s’est par la suite engagée dans une trajectoire de rapide sortie de crise, voyant son PIB progresser de 3,6 % sur l’ensemble de l’année 2010. En 2010, selon les premières estimations disponibles, elle connaît à nouveau un vif essor de sa production industrielle (hausse en volume de près de 10 %), de ses exportations (environ +14 %), et voit se reconstituer ses excédents commerciaux (équivalents à quelque 6 % du PIB). Au-delà, le regain de compétitivité internationale observable en Allemagne ne manifeste pas qu’un effet de rebond de court terme, après la sévère récession de 2008-2009, car il remonte en fait à près d’une décennie. Comment expliquer que l’économie allemande bénéficie d’un tel dynamisme conjoint de son industrie et de son commerce extérieur, alors même que la pression de la concurrence internationale tend plutôt à se renforcer, surtout du côté des grands pays émergents d’Asie ou d’ailleurs ? Au préalable, il importe de remettre en perspective certaines tendances à l’œuvre depuis une vingtaine d’années, c’est-à-dire depuis la période de l’unification allemande. Les performances de l’économie allemande apparaissent alors moins univoques (Lallement, 2010a). Cette ambivalence ressort en particulier des débats apparus outre-Rhin, dans le courant de la décennie écoulée, autour de la notion d’« économie de bazar ». A travers cette discussion, la question consiste au fond à savoir si les succès allemands à l’exportation ne sont pas en trompe-l’œil. Le commerce extérieur de l’Allemagne serait-il artificiellement gonflé dans les statistiques et irait-il en fait de pair avec un phénomène d’exportation nette de capital, surtout à travers un mouvement massif de délocalisation d’activités vers les pays à bas salaires d’Europe centrale et orientale ? Pour y voir plus clair à ce sujet, il convient de faire le point sur la façon dont l’Allemagne s’insère dans la nouvelle division internationale du travail, en précisant à la fois le type de spécialisation commerciale de l’économie allemande et les choix de localisation des entreprises.