Priorité de l’Allemagne : concilier vies familiale et professionnelle

Longtemps, la politique familiale a fait figure de parent pauvre en Allemagne ; et elle ne visait ni la natalité ni l’emploi des femmes. Dans la RFA d’avant l’Unité, et jusque vers la fin des années 1990, son objectif premier était le sou­tien maté­riel apporté aux couples mariés avec enfants, plus...

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Опубликовано в: :URI:https://journals.openedition.org/rea,
Главные авторы: Eichhorst, Werner, Thode, Eric
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: Regards sur l’économie allemande 2012
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Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Описание
Итог:Longtemps, la politique familiale a fait figure de parent pauvre en Allemagne ; et elle ne visait ni la natalité ni l’emploi des femmes. Dans la RFA d’avant l’Unité, et jusque vers la fin des années 1990, son objectif premier était le sou­tien maté­riel apporté aux couples mariés avec enfants, plus particulièrement pour amor­tir les phases de non-activité des mères. Cette approche reflétait le modèle long­temps prédominant d’un père de famille disposant d’un emploi stable et d’un revenu suffisant pour nourrir seul sa famille ; le rôle de l’épouse étant de l’édu­cation des enfants et la gestion du foyer. La politique familiale se traduisait par des me­sures de poli­tique fiscale et sociale : imposition jointe des conjoints avec frac­tionne­ment, choix entre les catégories d’IR selon les revenus des conjoints, allocations fa­miliales, couverture sociale du conjoint non salarié. Les conjoints – les mères, en règle générale – désireux de prendre un emploi pour compléter le revenu familial en étaient plutôt dissuadés par le peu de structures d’accueil de la petite enfance, un régime fiscal défavorable pour le deuxième salaire et par de faibles revenus de substitution versés pour des congés parentaux de longue durée. Long­temps en effet, on estimait que c’est aux mères que revenait en priorité l’édu­cation des enfants et qu’elles devaient pour ce faire abandonner ou réduire leur activité ; pour seule compen­sation, les années d’éducation étaient prises en compte par l’assurance retraite, ou les droits à pension de retraite transférés en cas de divorce. Cette politique a eu pour effet de réduire considé­rablement l’ac­tivité professionnelle des mères, ne leur laissant guère que la possibilité d’exer­cer un emploi à temps partiel, ce qui, aujourd’hui encore, con­tribue à brider les pers­pectives professionnelles des femmes.Depuis dix ans environ, une meilleure conciliation des vies professionnelle et fa­miliale est l’un des objectifs figurant en tête de l’agenda politique allemand, avec cependant une nette priorité pour les familles avec des enfants en bas âge. Un pivot central en est le taux de fécondité particulièrement faible en com­paraison internationale : le Rostocker Zentrum zur Erforschung des Demografi­schen Wandels l’estime à 1,366 enfant par femme en 2008 – soit nettement moins que le taux de reproduction. De nombreuses mesures ont donc été prises au cours des dernières années pour influencer immédiate­ment ou à moyen terme l’équilibre vie familiale/vie professionnelle : création d’une alloca­tion parentale, développement des structures d’accueil de la petite enfance ou accroissement du nombre d’écoles fonctionnant tout au long de la journée. S’y ajoutent les réformes du marché de l’emploi adop­tées dans le cadre des lois Hartz ou la révision du droit relatif aux pensions ali­mentaires. Reste à savoir si ces réformes et quelques autres encore sont mues par une approche globale et concluante.