Grande coalition 2005-09 : un bilan plus qu’honorable

Le 18 septembre 2005, les électeurs allemands avaient largement voté pour le changement dans la continuité. Refusant une rupture ‘néo-libérale’ avec la poli­tique des deux gouvernements de coalition SPD/Verts sous le chancelier Schrö­der (1998-2002, puis 2002-2005), ils avaient préféré opter pour un...

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Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/rea,
Glavni autor: Bourgeois, Isabelle
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Regards sur l’économie allemande 2011
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Sažetak:Le 18 septembre 2005, les électeurs allemands avaient largement voté pour le changement dans la continuité. Refusant une rupture ‘néo-libérale’ avec la poli­tique des deux gouvernements de coalition SPD/Verts sous le chancelier Schrö­der (1998-2002, puis 2002-2005), ils avaient préféré opter pour une poli­tique de ré­formes modérée après celle, courageuse mais dure, de l’Agenda 2010. Ils avaient donc contraint les deux grandes formations CDU/CSU (« Union ») et SPD à « dé­passer leurs clivages et à trouver ensemble, sur la base d’une large majo­rité de gouvernement, les réponses po­litiques aux pro­blèmes [qu’elles n’avaient pas su jusqu’alors] résoudre sépa­rément » (Lasserre, 2005).Le contrat de coalition signé le 11 no­vembre 2005 prolongeait dès lors la poli­tique de réforme du gouvernement sortant, conformé­ment aux engagements de compéti­tivité européens (« Stratégie de Lis­bonne »). Le 30 novembre, dans son discours de politique générale au Bundes­tag, la chance­lière Angela Merkel (CDU), présen­tait ainsi les objectifs de la Grande coa­li­tion : « re­faire de l’Alle­magne, à moyen terme, le moteur de l’Eu­rope ». Il est vrai que l’éco­nomie alle­mande commençait seulement à sortir de la réces­sion déclenchée par l’écla­tement de la bulle liée à la « nouvelle économie » qui, à son paroxysme en 2003, lui avait valu l’appellation de « lanterne rouge de l’Eu­rope ». C’est alors seu­lement que le chancelier Schröder s’était ré­solu à lan­cer son pro­gramme de réformes : l’Agenda 2010 (voir REA 75/05). Conjuguées à la poli­tique res­pon­sable des partenaires sociaux (flexibilisa­tion du temps de travail, progression sala­riale inférieure à celle de la productivité) comme aux efforts des entreprises pour gagner en compéti­tivité, et portées par un marché mondial qui renouait avec la croissance, ces réformes ont commencé à porter leurs fruits sous le gouverne­ment de Grande coalition. Pendant près de trois années, l’Allemagne a alors connu un « 3e miracle écono­mique », selon les termes du vice-chancelier SPD Frank-Walter Steinmeier (Der Spiegel, 09-07-07). Le contexte conjoncturel était favorable à la consolida­tion des finances pu­bliques, mère de toutes les priorités pour asseoir durable­ment la com­pétitivité glo­bale du « site Allemagne ». Ironie de l’histoire, au mo­ment où le gouver­nement fé­déral aurait pu, théoriquement, mettre à profit la marge de manœuvre budgé­taire reconquise pour développer ses deux autres axes priori­taires : « réfor­mer et inves­tir », l’économie allemande est frappée de plein fouet par les réper­cus­sions de la crise financière mondiale. Creuser la dette est la seule poli­tique possible dès la fin 2008. Mais alors que, au fil des échéances élec­torales dans les Länder, les dis­sensions entre les deux formations au gouver­ne­ment repre­naient leurs droits dans la seconde partie de leur mandat, l’urgence du sauvetage du système ban­caire et de l’amortissement de l’impact de la crise financière sur l’économie réelle et l’emploi force la Grande coalition à se ressouder. Malgré la haute estime qu’elle a gagnée de ce fait dans l’opinion, les électeurs ont pourtant préfé­ré, en cet automne 2009, élire une coalition Union/FDP. Ils n’ont pas perdu de vue l’objectif premier : cons­truire les bases d’une compétitivité durable. Les ré­formes menées par la Grande coalition semblent finalement avoir été trop modérées…