Europe : les défaillances du moteur franco-allemand

La tentative de relance du ‘moteur’ franco-allemand pour l’Europe amorcée de­puis janvier 2003 est fort tardive. Les dix années qui vont de la signa­ture du Traité de Maastricht au 40ème anniversaire du Traité de l’Elysée sont certes mar­quées par la mise en place de l’euro. Mais durant cette périod...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/rea,
Hovedforfatter: Weinachter, Michèle
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Regards sur l’économie allemande 2009
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:La tentative de relance du ‘moteur’ franco-allemand pour l’Europe amorcée de­puis janvier 2003 est fort tardive. Les dix années qui vont de la signa­ture du Traité de Maastricht au 40ème anniversaire du Traité de l’Elysée sont certes mar­quées par la mise en place de l’euro. Mais durant cette période, la France et l’Allemagne n’ont pratiquement pas fait progresser l’intégration euro­péenne. De CIG en CIG décevantes, aboutissant à de médiocres compromis  – Ams­terdam puis Nice –, elles ont aussi peiné à préparer l’avenir de l’Europe à 25. Et elles n’ont pas en­core réussi à rallier tous leurs partenaires européens au projet de Constitution élaboré par la Convention. Le bilan en ce printemps 2004 n’est guère satisfaisant : l’Europe à 25 existe dé­sormais sans Constitution, et fonctionne sur la base de mécanismes de déci­sion la condamnant à la quasi-paralysie. L’Europe politique n’existe pas. L’Eu­rope sociale est dans les limbes. La gouvernance économique européenne se fait toujours attendre. La France et l’Allemagne ont mis à mal le Pacte de sta­bilité qu’elles avaient imposé à leurs partenaires voici quelques années. Le Conseil des ministres de la zone euro – l’Eurogroupe au sein de l’Ecofin – s’en tient à coordonner des intérêts nationaux, et n’a été à l’origine d’aucun progrès notable dans la coordination des politiques économiques. En­fin, les chances de voir émerger bientôt une politique budgétaire et fiscale com­mune paraissent très faibles. Dans ce contexte, l’euro reste livré à lui-même, et l’économie euro­péenne est en panne de confiance. Les défaillances du moteur franco-allemand ne sont pas seules responsables de cette situation, mais elles y ont contribué. Reste à savoir si son redémarrage, qui doit se confirmer, va à nouveau per­mettre à l’Europe d’aller de l’avant, et dans quelle direction.