Le chômage partiel, amortisseur social de la crise ?
Des deux côtés du Rhin, face à la crise, on redécouvre un mécanisme longtemps tombé en désuétude : le chômage partiel. Si on y recourait naguère pour accompagner socialement les restructurations rendues nécessaires par une baisse de l’activité ou forcées par les mutations structurelles de l’économ...
Spremljeno u:
| Izdano u: | URI:https://journals.openedition.org/rea, |
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| Glavni autori: | , |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Regards sur l’économie allemande
2011
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| Teme: | |
| Online pristup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sažetak: | Des deux côtés du Rhin, face à la crise, on redécouvre un mécanisme longtemps tombé en désuétude : le chômage partiel. Si on y recourait naguère pour accompagner socialement les restructurations rendues nécessaires par une baisse de l’activité ou forcées par les mutations structurelles de l’économie, il avait largement perdu son attrait. Instrument social pour gérer la réactivité requise dans le domaine de la production industrielle en réponse aux fluctuations des commandes, il avait fini par pâtir d’une certaine rigidité de ses procédures en comparaison de la flexibilité accrue apportée par un droit du travail en pleine évolution en France comme en Allemagne (avec, par exemple, la montée en puissance des comptes épargne-temps). Or aujourd’hui, le régime du chômage technique prend des allures de panacée dans la gestion sociale de la crise. Les pouvoirs publics français l’ont remis sur le devant de la scène dans le cadre du volet social du plan de relance de l’économie et du soutien à l’industrie automobile, assouplissant la durée des conventions de chômage technique et accroissant la part du financement public des aides aux entreprises. Le gouvernement fédéral, dans le cadre de ses programmes conjoncturels, en a lui aussi accru la durée, la portant de 12 à 18 mois, quel que soit le secteur d’activité, mais accordé la priorité à la formation durant la période d’inactivité forcée. Si dans nos deux pays, le chômage partiel – dénommé « activité partielle » (Kurzarbeit) outre-Rhin – vise le maintien des salariés dans l’emploi, les approches française et allemande diffèrent quelque peu quant à son régime et à son financement, les transferts versés aux bénéficiaires allemands – les salariés exclusivement – étant financés par les seules cotisations sociales. Mais dans les deux cas, et plus encore en Allemagne où les entreprises ont développé dès l’automne 2008, avant même que le régime du chômage partiel soit modifié pour les deux ans à venir, un engouement marqué pour cette forme de contrat de travail qui leur permet de conserver leurs compétences, se pose aussi la question du coût à terme de la généralisation de ce dispositif. Celle du coût social d’abord : sa généralisation ne risque-t-elle pas de privilégier les ‘insiders’ et d’accroître ainsi durablement les disparités ? Celle du coût budgétaire ensuite : qu’elle soit financée par les cotisations ou par les impôts, ne risque-t-elle pas de creuser encore plus les déficits publics sans pour autant réduire significativement le risque que la crise fait peser sur l’emploi ? (IB) |
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