La force de l'imprévisible : la présidence française de l’UE face à la crise financière. Un point de vue allemand

La présidence française se voulait « modeste », selon le secrétaire d'Etat char­gé des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet. Or, la triple crise à laquelle l'Union européenne et sa présidence française ont dû faire face – la crise du processus de ratification du Traité de Lisbonne aprè...

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मुख्य लेखक: Schild, Joachim
स्वरूप: Article ou chapitre numérique
भाषा:Français
प्रकाशित: Regards sur l’économie allemande 2008
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सारांश:La présidence française se voulait « modeste », selon le secrétaire d'Etat char­gé des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet. Or, la triple crise à laquelle l'Union européenne et sa présidence française ont dû faire face – la crise du processus de ratification du Traité de Lisbonne après le « non » irlandais en juin, le déclenchement de la crise géorgienne et surtout l’aggravation soudaine de la crise financière internationale après la faillite de la banque Lehmann Bro­thers en septembre – ont déclenché des activités diplomatiques d'une ampleur extra­ordinaire. Le programme de travail de la présidence française, ordonné autour de quatre axes prioritaires (énergie, lutte contre le réchauffement clima­tique, défense européenne et immigration) et qui était de toute façon très ambi­tieux, a dû être revu considérablement à la hausse. Les crises auxquelles l'UE se voyait soudainement confrontée n'appelaient dé­cidément pas une réponse modeste, mais exigeaient un leadership et une am­bition politiques à la hauteur des défis. Trouver une réponse coordonnée au ni­veau européen face à l'agression russe en Géorgie et surtout devant l'abîme écono­mico-financier, telle était la principale tâche de la présidence de l'UE. Le hasard du calendrier européen voulait qu'avec Nicolas Sarkozy un homme poli­tique dé­terminé, président d'un grand pays membre, soit prêt à relever ce défi, à investir son capital politique et à prendre des risques pour être à la hauteur de la situa­tion. Donner à l'UE un rôle déterminant dans le dénouement de la crise géor­gienne, stopper la spirale négative et dangereuse d'une perte de confiance complète entre les banques, relancer les économies européennes, voire refon­der le système financier international et reconstruire un capitalisme régulé, telle était l'ambition peu modeste du président de la République, telle qu’affichée à la tribune des Nations Unies le 23 septembre.Cette triple crise de la ratification du Traité de Lisbonne, du conflit géorgien et du système financier international procurait un environnement idéal, après les difficultés de la diplomatie européenne de la France suite au rejet de la Consti­tution européenne par référendum en mai 2005, pour remettre la France au cœur de l'Europe et renouer avec la tradition et l'image de soi de la France comme leader de l'Europe.