L’ambivalence de l’idée de progrès dans le Discours préliminaire de l’Encyclopédie ou le labyrinthe de la raison

La présentation que fait D’Alembert des progrès des sciences et des arts dans le Discours préliminaire de l’Encyclopédie illustre parfaitement le compromis ambigu dans lequel se loge la pensée du milieu du siècle à l’égard de la notion de progrès. L’Homme se découvre alors être un animal historique...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/rde,
Hlavní autor: Le Ru, Véronique
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie 2006
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:La présentation que fait D’Alembert des progrès des sciences et des arts dans le Discours préliminaire de l’Encyclopédie illustre parfaitement le compromis ambigu dans lequel se loge la pensée du milieu du siècle à l’égard de la notion de progrès. L’Homme se découvre alors être un animal historique qui a besoin de temps pour produire les progrès des sciences et des arts, mais en même temps la nature de l’Homme peut se dégrader dans l’histoire. Ce sont des ténèbres des siècles d’ignorance que surgissent les lumières de la raison, mais celles-ci peuvent être de nouveau obscurcies par la corruption et la barbarie. La conception cyclique du temps où les révolutions animent l’alternance du progrès et de la barbarie commande une vision ambivalente voire pessimiste de la nature humaine dont l’inscription dans l’histoire est conçue de façon paradoxale comme un privilège et comme une malédiction. Le Discours préliminaire de l’Encyclopédie exprime pleinement cette contradiction entre la foi rationaliste dans les progrès humains et une invincible méfiance à l’égard de l’histoire et de l’avenir de la civilisation.