Une philosophie d’aveugle : la matière fait de l’esprit
Le projet de constituer un matérialisme métaphysique « véritable », à l’encontre des anciens systèmes et des abstractions vides, trouve dans la Lettre sur les aveugles le lieu de sa première élaboration, de sa mise en « chantier ». Quatre problèmes, apparemment distincts — une anthropologie d’aveugl...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/rde, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie
2006
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Le projet de constituer un matérialisme métaphysique « véritable », à l’encontre des anciens systèmes et des abstractions vides, trouve dans la Lettre sur les aveugles le lieu de sa première élaboration, de sa mise en « chantier ». Quatre problèmes, apparemment distincts — une anthropologie d’aveugles, une anti-prosopopée des merveilles de la Nature, les limites et les incertitudes de la vicariance des sens, une méditation sur le problème de Molyneux — convergent en réalité vers une seule et même remise en question, celle de la métaphysique du point d’équilibre ou du principe d’harmonie. Soutenue par l’affirmation de la nécessaire instance de la pratique dans la théorie, de l’importance de l’action motrice et de l’histoire du sujet, une logique de l’antagonisme et de la crise antagonique autorise Diderot à conjecturer une autre métaphysique et un autre matérialisme, où la puissance de l’événement et la force de la singularité peuvent régler des mondes. L’invocation d’un principe d’ équilibre métastable et de l’idée d’un écart fondateur œuvre déjà dans la Lettre à jeter les bases de cette innovation philosophique. |
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