« Le marteau, l’abeille, l’image » : transmission, transformation et « transportation » de la philosophie dans le Novum Organum et The Advancement of Learning de Francis Bacon

C’est un euphémisme que de dire que Francis Bacon ne se montre pas très favorable à la transmission de la tradition philosophique aristotélicienne, du moins telle qu’elle se pratique à son époque. Loin de faire progresser le savoir, la tradition scolastique entrave au contraire la mise en œuvre de c...

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Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/ranam,
Autore principale: Popelard, Mickaël
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Recherches anglaises et nord-américaines 2024
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:C’est un euphémisme que de dire que Francis Bacon ne se montre pas très favorable à la transmission de la tradition philosophique aristotélicienne, du moins telle qu’elle se pratique à son époque. Loin de faire progresser le savoir, la tradition scolastique entrave au contraire la mise en œuvre de cette « interprétation de la nature » qu’il appelle de ses vœux. Elle interdit notamment au philosophe de la nature de substituer une méthode « opératoire », fondée sur l’induction et sur l’expérience, à la science alors en vigueur, science qu’il décrit comme étant exclusivement verbale, et empêtrée dans des disputes infinies et des querelles absurdes. Le philosophe digne de ce nom doit imiter l’abeille, qui représente la synthèse parfaite entre la faculté empirique et la faculté rationnelle. Ce qui compte, ce n’est plus la transmission des vieilles idées mais la transformation de la philosophie et la « transportation » de la nouvelle méthode. Cet article s’efforce de montrer que c’est précisément en cela que la rhétorique et les images ont un rôle à jouer. Pour que la transmission puisse devenir « incitative » et non plus dogmatique, le savoir doit être partagé et transmis sous une forme « brisée », c’est-à-dire aphoristique. Quant aux images philosophiques, elles permettent d’inciter les « fils de la science » à agir, au lieu de se contenter de parler.