Des pièces d’armes au service de l’artisanat textile ? le cas des lames de tisserand mérovingiennesen contexte funéraire

Au sein de l’ensemble funéraire mérovingien de Vendenheim (Alsace, Bas-Rhin), deux lames de tisserand en fer ont récemment été mises au jour dans deux sépultures féminines. Cette découverte plutôt inhabituelle incite aujourd’hui à faire le point sur cet ustensile aussi peu fréquent qu’énigmatique. C...

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Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/rae,
Auteurs principaux: Fischbach, Thomas, Médard, Fabienne, Emam, Hélène Barrand
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Revue archéologique de l’Est 2016
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:Au sein de l’ensemble funéraire mérovingien de Vendenheim (Alsace, Bas-Rhin), deux lames de tisserand en fer ont récemment été mises au jour dans deux sépultures féminines. Cette découverte plutôt inhabituelle incite aujourd’hui à faire le point sur cet ustensile aussi peu fréquent qu’énigmatique. Communément interprétés comme lames de tisserand en raison de leur fréquente association avec les fusaïoles et les fuseaux déposés en contexte funéraire, ces artefacts soulèvent néanmoins des interrogations en termes de fonction, d’utilisation et de charge symbolique. Découverts dans des sépultures féminines mérovingiennes exclusivement privilégiées, ils ont pu jouer un rôle emblématique en signifiant le rang social de la défunte. Si l’on admet, par ailleurs, que l’argument fondé sur une convergence de l’outillage relatif aux activités textiles suffise à décider de leur fonction, demeure la question de leur utilisation. Quels ouvrages ces « épées-lames » de tisserand ont-elles servi à confectionner, sur quels dispositifs de tissage et selon quels procédés ? Qu’utilisait-on dans les régions manifestement exemptes de cette sorte d’outil ? Les exemplaires retaillés dans des pièces d’armement sont effectivement rarissimes dans le nord-ouest du territoire franc ; à l’inverse, ils sont plus fréquents dans les sépultures scandinaves, anglo-saxonnes, thuringiennes, en Bohème, dans les territoires lombards du Danube ainsi qu’en Pannonie et en Italie. Mystérieux à bien des égards, cet outil amène enfin à s’interroger sur le lien fonctionnel et symbolique qui unit potentiellement deux univers a priori très éloignés : l’art du combat et celui du tissage.