La céramique domestique de l’espace culturel sénonais du milieu du Ve au milieu du IIIe s. av. J.-C. dans son contexte du centre-est de la France :

La culture matérielle et la chronologie de la période de La Tène ancienne et du début de La Tène moyenne de l’espace culturel sénonais, qui se développe du nord de la Bourgogne au sud-est de l’Île-de-France, aux confins de la Champagne, étaient, jusqu’à présent, surtout connues grâce aux ensembles f...

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書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/rae,
第一著者: Séguier, Jean-Marc
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Revue archéologique de l’Est 2010
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オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
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要約:La culture matérielle et la chronologie de la période de La Tène ancienne et du début de La Tène moyenne de l’espace culturel sénonais, qui se développe du nord de la Bourgogne au sud-est de l’Île-de-France, aux confins de la Champagne, étaient, jusqu’à présent, surtout connues grâce aux ensembles funéraires et au mobilier métallique qui en provient : parures, accessoires vestimentaires, armes (travaux de L. Baray). Seule, l’étude de S. Marion consacrée à l’Île-de-France prenait en compte quelques séries céramiques du secteur Seine - Yonne.On développe ici une nouvelle analyse fondée sur une grille de lecture normalisée à la fois technologique et typologique des formes et des décors de la céramique (fig. 4-5) issue des fouilles préventives réalisées sur quinze établissements ruraux de la vallée de l’Yonne, de La Bassée et du confluent Seine - Yonne (départements de l’Yonne et de la Seine-et-Marne). Le corpus se compose de 7774 fragments et 1301 vases. La sériation de deux matrices d’association des formes et des décors permet de mettre en évidence un classement des assemblages domestiques selon quatre étapes (fig. 6-7).L’étape I, insuffisamment documentée, se distingue par des assemblages dont les caractères typologiques sont encore proches de ceux qui, localement, sont considérés comme typiques du Ha D3. Néanmoins, l’étape I (fig. 8-13) se distingue de cette dernière période par l’absence du décor peint et des formes qui en sont les plus emblématiques (bols carénés...). Ainsi, le passage du Ha D3 au début de La Tène ancienne se caractériserait par une déperdition progressive des traits « archaïques ». La mise en place des caractères de l’étape II (fig. 14-27) traduit une césure majeure dans la tradition céramique. Le renouvellement touche à la fois la typologie des vases (développement des jattes à épaulement, des pots à col haut), le répertoire décoratif qui s’enrichit de nouvelles techniques (impressions au peigne) et de nouveaux motifs (zigzags), et la technologie (apparition de la céramique tournée ou finie au tour). L’étape III (fig. 28-34), encore peu documentée, se distingue surtout de la précédente par une diversification des décors et par l’abandon de l’usage du peigne, les formes de vases étant peu différentes. L’étape IV (fig. 35-47) voit apparaître et se développer de nouvelles techniques ornementales (lissage, décors plastiques) et de nouveaux thèmes (frises), la céramique tournée et les formes qui la caractérisent prenant une part de plus en plus importante.La corrélation des assemblages pris en compte avec une série de datations absolues et plusieurs associations entre céramique domestique et mobilier datant (fibules, parures, armement) permet de raccorder la séquence avec la chronologie conventionnelle et absolue (fig. 53). La concordance entre ces systèmes est correcte pour les étapes I et II : la dendrochronologie montre que l’étape I, datée de la deuxième moitié du ve s.,  est synchrone de LTA récente, alors que plusieurs fibules permettent de mettre en parallèle l’étape II (fig. 48) avec l’horizon pré-Duchcov (LTB1 ancienne : premier quart du ive s.). Par la suite, la situation est plus complexe et la corrélation plus difficile à établir. Si l’étape III semble devoir être mise en parallèle avec l’horizon Duchcov-Münsingen (fig. 49), quelques incertitudes pèsent sur sa longévité en raison de la faiblesse du corpus (trois derniers quarts du ive s.). L’étape IV, à laquelle sont associées, notamment, des parures à décor pseudo-filigrané ou imitées de ce style et des armes (fig. 50-51), recouvre, quant à elle, la phase récente de LTB2 et le début de LTC1 (première moitié du iiie s.). Elle doit être clairement distinguée du faciès de la phase récente de LTC1, défini par ailleurs (fig. 55).La comparaison du faciès de l’espace sénonais avec celui des entités culturelles voisines fait bien ressortir son caractère original et autonome ; néanmoins, des ponts sont ponctuellement établis avec l’aire culturelle Aisne-Marne (d’où provient au moins un vase peint en noir sur fond rouge) et avec la Gaule du Centre (corpus typologique, décors, techniques de fabrication).Une très large majorité de la céramique est modelée sans l’aide du tour. Cependant, l’analyse des séries met en évidence une production, minoritaire, de céramique montée ou finie au tour (fig. 57), dont la part augmente progressivement du début du ive au milieu du iiie s. (fig. 58) et qui présente un répertoire typologique spécifique (vases à piédouche...). Contrairement à la céramique non tournée, fabriquée au sein de la maisonnée, tout indique que la vaisselle tournée est le fruit d’un artisanat spécialisé, peut-être itinérant, qui repose sur des principes techniques innovants et se développe dans des conditions sociales tout à fait compatibles avec l’organisation en chefferies qui est admise pour la société de La Tène ancienne et moyenne du Bassin parisien.Enfin, l’examen des catégories et des traces d’usage conduit à proposer des pistes de réflexion concernant les aspects fonctionnels de certains récipients, les jarres pouvant être dévolues à la préparation de saumures ou de la bière.