Les très grands bâtiments (TGB)

De par leurs dimensions spectaculaires, les architectures monumentales découvertes depuis une quarantaine d’années dans le Néolithique récent--final français (3400-2500 av. J.-C.) et dans le Chalcolithique récent de la zone ukraino-moldave (4100-3600 av. J.-C.), se distinguent clairement de tout ce...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/rae,
Auteur principal: Jeunesse, Christian
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Revue archéologique de l’Est 2026
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:De par leurs dimensions spectaculaires, les architectures monumentales découvertes depuis une quarantaine d’années dans le Néolithique récent--final français (3400-2500 av. J.-C.) et dans le Chalcolithique récent de la zone ukraino-moldave (4100-3600 av. J.-C.), se distinguent clairement de tout ce qu’on appelait traditionnellement des « grandes maisons ». Nous proposons ici d’attribuer ces manifestations d’hyper-monumentalisme à une nouvelle catégorie pour laquelle nous préconisons d’utiliser la notion de « très grand bâtiment » (TGB). Les édifices concernés appartiennent à deux corpus principaux : un premier localisé dans l’ouest et le centre de la France, daté du Néolithique final et lié à la culture d’Artenac et à ses stellites ; un second qui se compose d’une partie des « méga-structures » découvertes au sein des très grands habitats (« méga-sites ») de la culture de Tripolje. S’y ajoutent trois corpus secondaires localisés dans la moitié nord de la France et appartenant aux cultures de Cerny (Beaurieux), de Michelsberg (Mairy), et au Néolithique récent de la moyenne vallée de la Seine (Pont-sur-Seine), ainsi qu’un site isolé du Néolithique moyen du centre-ouest (Ayré). Ces ensembles sont présentés dans la première partie de l’article. Dans la mesure où ils sont difficiles à interpréter sur la seule base des observations archéologiques, nous avons effectué un détour par les TGB décrits par les ethnologues pour les sociétés pré-étatiques, pré-littéraires et pré-urbaines actuelles et sub-actuelles. Les édifices concernés sont étudiés sous l’angle de leurs caractéristiques architecturales, de leur relation avec les autres bâtiments des agglomérations dont ils font partie et de leurs contextes socio-politiques. Les données recueillies alimentent ensuite une réflexion sur la fonction des TGV néo-chalcolithiques européens. Si le débat reste très ouvert pour les corpus secondaires et, pour d’autres raisons, pour les méga-structures de la culture de Tripolje, nous pensons avoir des arguments suffisamment solides pour proposer de faire des TGB du Néolithique récent-final de l’ouest de l’Europe des résidences aristocratiques témoignant de l’existence de sociétés stratifiées. L’émergence de telles sociétés, dont les plus anciennes datent du milieu du Ve millénaire, se manifesterait donc tantôt à travers l’apparition de tombes très riches, en général monumentales, tantôt par celle de construction domestiques hyper-monumentales destinées à servir de résidence aux élites de sociétés stratifiées de type « chefferie complexe ».