La pratique du dépôt dans la préhistoire récente de l’Europe : le prélude danubien
Le concept de « déposition » (hoarding en anglais, Hortsitte en allemand) est communément associé avec les âges du Bronze et du Fer européens. Mais on sait depuis longtemps que cette pratique existe également dans l’âge du Cuivre du même domaine, où il n’est épanoui vers le milieu du 5ème millénaire...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/rae, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Revue archéologique de l’Est
2025
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Le concept de « déposition » (hoarding en anglais, Hortsitte en allemand) est communément associé avec les âges du Bronze et du Fer européens. Mais on sait depuis longtemps que cette pratique existe également dans l’âge du Cuivre du même domaine, où il n’est épanoui vers le milieu du 5ème millénaire. Les travaux de P. Pétrequin et de son équipe sur les haches en roches alpines nous ont également rappelé qu’il existait aussi des dépôts en contexte purement néolithique et que le lien avec l’existence d’une métallurgie n’avait donc rien d’obligatoire. Il ne faut cependant pas oublier que, pour cette catégorie de trouvailles, le phénomène le plus ancien est celui des dépôts d’herminette et de haches du Néolithique danubien, daté entre 5100 et 4500 av. J.-C., à cheval sur la culture à Céramique linéaire et les cultures dérivées du Néolithique moyen centre-européen, alors que la fourchette communément admise pour les dépôts de haches alpines va de 4700 à 4300 av. J.-C. Mais ces « préludes » néolithiques ne sont que l’amorce d’un phénomène plurimillénaire. À l’autre extrémité chronologique, nous savons que les pratiques de déposition continuent au-delà du second âge du Fer, jusqu’au début du second millénaire de notre ère, au sein des sociétés non-étatiques et païennes du nord-ouest, du nord et de l’est de l’Europe. Ce phénomène de très longue durée (environ six millénaires) est une des manifestations matérielles d’un système symbolique qui associe, entre autres, le dépôt et la tombe élitaire. Il reflète une manière propre à une partie de la Préhistoire récente de l’Europe d’envisager la relation triangulaire entre les humains, les entités surnaturelles et les biens matériels. Profondément enraciné dans l’armature idéologique de l’Europe « barbare », celle-ci sera finalement démantelée par l’intrusion de l’État dans la seconde moitié du 1er millénaire avant notre ère et du couple État + religion chrétienne durant le millénaire suivant.Notre objectif dans cet article sera de présenter, de définir et de caractériser la plus ancienne – mais aussi la moins bien connue – pratique de déposition connue, celle du Néolithique danubien centre-européen. Nous commencerons par présenter ses principaux traits avant de la comparer aux pratiques de déposition postérieures. Nous verrons que les analogies sont nombreuses et convaincantes, incluant une relation dialectique avec les mobiliers funéraires qui annonce clairement celle des âges des métaux, et qu’il y a donc de solides raisons de penser que le substrat idéologique et social qui sous-tend le phénomène des dépôts de la Préhistoire récente européenne est en place au moins depuis la fin du 6ème millénaire avant notre ère. |
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