Avant-garde biomédicale ou méthodologie du XIXe siècle ?

Marquée par les progrès de la biologie moléculaire, la cancérologie voit ses modes d’administration de la preuve déstabilisés. L’étalon-or de la médecine moderne, l’essai randomisé, est questionné par des innovations évaluées selon de nouvelles méthodologies. Dans cet article, nous retraçons l’histo...

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Bibliographic Details
In:URI:https://journals.openedition.org/rac,
Main Authors: Bernard, Mathis, Besle, Sylvain, Vallier, Estelle
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Revue d’anthropologie des connaissances 2024
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Marquée par les progrès de la biologie moléculaire, la cancérologie voit ses modes d’administration de la preuve déstabilisés. L’étalon-or de la médecine moderne, l’essai randomisé, est questionné par des innovations évaluées selon de nouvelles méthodologies. Dans cet article, nous retraçons l’histoire d’un cas exemplaire, le larotrectinib, depuis la recherche fondamentale jusqu’aux débats qui ont émaillé son remboursement, en passant par les essais cliniques. Nous montrons qu’une coalition calculatoire constituée de médecins investigateurs, de l’industriel qui commercialise le traitement et d’associations de patients se forme sur la base d’arguments à la fois méthodologiques et éthiques. Ces acteurs défendent l’émergence des données de vie réelle et d’une conception mécaniste de la preuve fondée sur la biologie. Portés par des acteurs dominants du champ médical, cette coalition défend l’intégration des petits nombres dans l’évaluation des médicaments.