« Si ceste amur esteit seüe… ». L’obligation du secret dans la fin’amor (XIIe-XIIIe siècles)

Le secret des amants est devenu, au fil du temps, un impératif de la fin’amor, et son dévoilement un crime et un péché contre l’amour, déclenchant une catastrophe. Cette crispation dogmatique n’avait, à l’origine, rien d’une évidence : ni la pression sociale ni la pression morale ne suffisaient à l’...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/questes,
Autor Principal: Coumert, Isabelle
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Questes 2014
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Le secret des amants est devenu, au fil du temps, un impératif de la fin’amor, et son dévoilement un crime et un péché contre l’amour, déclenchant une catastrophe. Cette crispation dogmatique n’avait, à l’origine, rien d’une évidence : ni la pression sociale ni la pression morale ne suffisaient à l’imposer. Le secret, élitiste, apparaît d’abord comme un signe du repli du couple sur lui-même. Puis, en passant en domaine d’oïl, l’amour de la dame se mêle à l’amour de la fée, avec lequel il présente un certain nombre de points communs. Or la fée des lais bretons peut imposer à son amant le silence sur leur relation : cet ordre intransgressible (geis) est un impératif auquel le héros ne peut se soustraire. Si le secret qui maintient une fragile séparation entre les mondes se trouve révélé, la catastrophe est inévitable. Le roman courtois, par refus du tragique et par souci de vraisemblance, doit admettre que ce secret est devenu secret de Polichinelle, mais suggère que, même ainsi, sa préservation aurait été garante de bonheur. Ce n’est donc que secondairement que le secret a été lié à un sentiment de culpabilité. En revanche il a toujours été reconnu comme un moyen de déterminer une élection, et une exclusion du reste du monde.