Impératifs gestionnaires et phronesis médicale : esquisse sociologique d’un engagement éthique dans un grand hôpital parisien

Le sens commun comme les professionnels de santé tendent à dramatiser l’opposition entre rationalité gestionnaire d’un côté, éthique professionnelle de l’autre. Dans cette vision, les contraintes budgétaires et le déploiement des instruments de gestion seraient autant de périls pour les valeurs dont...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/quaderni,
Autore principale: Pierru, Frédéric
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Quaderni 2014
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Le sens commun comme les professionnels de santé tendent à dramatiser l’opposition entre rationalité gestionnaire d’un côté, éthique professionnelle de l’autre. Dans cette vision, les contraintes budgétaires et le déploiement des instruments de gestion seraient autant de périls pour les valeurs dont les soignants seraient les porteurs. Une enquête menée dans un service destiné à accueillir les populations les plus précarisées au sein d’un hôpital hospitalo-universitaire parisien montre, au contraire, que certains segments de la profession médicale sont particulièrement prédisposés non seulement à opérer un retour réflexif sur les pratiques biomédicales dominantes, mais aussi à retraduire les exigences gestionnaires en impératif éthique renouvelé. Ainsi, la cause éthique, institutionnalisée en France à compter du milieu des années 1980, est disponible pour des stratégies d’anoblissement de pratiques soignantes non seulement très contraintes économiquement mais aussi relativement stigmatisées dans le monde hospitalo-universitaire. Cependant, le paradoxe veut que ces entrepreneurs en éthique ne soient guère soutenus par les pouvoirs publics dès lors que des associations de défense des « usagers » se mobilisent pour dénoncer ce qu’elles considèrent constituer un rationnement illégitime de l’accès aux soins de pointe.