Azor d’Aunillon : l’équivoque du langage dans un récit utopique de 1750

Bien que placée dans la collection de Garnier, l’œuvre méconnue d’Aullinon parue en 1750, Azor, ne respecte pas les règles génériques suivies par la plupart des utopies littéraires. Pourtant, ce récit à structure complexe présente une réflexion critique sur l’épanouissement des sociétés policées. Le...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/ql,
Auteur principal: Świtlik, Stanisław
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Quêtes littéraires 2024
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Bien que placée dans la collection de Garnier, l’œuvre méconnue d’Aullinon parue en 1750, Azor, ne respecte pas les règles génériques suivies par la plupart des utopies littéraires. Pourtant, ce récit à structure complexe présente une réflexion critique sur l’épanouissement des sociétés policées. Le changement vécu par une communauté insulaire muette en apprenant à parler, met en cause l’avenir de cette société heureuse, alors qu’aucun commentaire du narrateur ne souligne ce tournant dans l’utopie. Dans Azor, le langage devient un objet équivoque qui permet d’observer les étapes nécessaires pour accéder à la réflexion philosophique mais met aussi implicitement en lumière les lacunes d’un progrès trop hâtif. À travers la trame romanesque, le jugement sur la civilisation révèle un examen approfondi et perspicace des espoirs et des défis propres à l’entreprise des Lumières qui s’articule dans un récit utopique comme dans un laboratoire d’idées. L’œuvre d’Aunillon s’inscrit dans les débats du milieu du siècle en exprimant une affirmation nuancée des bienfaits de la civilisation.