“One of us”: Dorian Gray, Untimeliness, and Penny Dreadful’s Contemporary Victoriana

Le monde densément intertextuel de la série télévisée Penny Dreadful (Showtime/Sky, 2014-2016) revendique un imaginaire noir et gothique ; son Londres de la fin des années 1890 regorge de créatures monstrueuses empruntées à des œuvres littéraires du XIXe siècle, depuis Frankenstein de Mary Shelley (...

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Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/polysemes,
Autore principale: Martin-Payre, Camille
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Anglais
Pubblicazione: Polysèmes 2020
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Le monde densément intertextuel de la série télévisée Penny Dreadful (Showtime/Sky, 2014-2016) revendique un imaginaire noir et gothique ; son Londres de la fin des années 1890 regorge de créatures monstrueuses empruntées à des œuvres littéraires du XIXe siècle, depuis Frankenstein de Mary Shelley (1818) jusqu’à Dracula de Bram Stoker (1897). Seul le personnage de Dorian Gray, inspiré du roman d’Oscar Wilde (1981), semble à même d’exprimer spécifiquement la décennie 1890 par le réseau de connotations décadentistes dont il enrichit l’univers de la série. Pourtant, la dissonance qu’il crée avec les stratégies gothiques de Penny Dreadful a plutôt tendance à le dissocier des autres personnages et de l’intrigue principale, à laquelle il ne parvient jamais entièrement à s’intégrer. Cette dissonance exacerbe, par conséquent, l’inactualité du personnage : le mouvement esthétique qu’il symbolise fait figure d’anachronisme dans l’univers ésotérique, surnaturel et scabreux de Penny Dreadful. Son intempestivité – une façon d’être contre et hors de son temps qui le caractérise dès sa création dans le roman de Wilde – devient une forme d’intemporalité au gré des réécritures du personnage, alors que d’immuablement beau, il accède peu à peu, dans la culture populaire, à l’immortalité en bonne et due forme. Penny Dreadful dépeint ainsi le décadentisme comme un phénomène à la fois intemporel et intempestif, permettant d’exprimer des angoisses contemporaines par le biais d’analogies esthétiques.