Dans la nuit mystique : Black Dogs de Ian McEwan
Fascinante exploration du mal, plongée dans la « nuit obscure » de l’âme humaine, Black Dogs (1992), le cinquième roman de Ian McEwan, interroge le pouvoir de l’écriture à conjurer le retour des spectres dans le monde postlapsaire issu de la Shoah et à « exhiber l’abject sans se confondre avec...
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| 主要作者: | |
| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 語言: | Français |
| 出版: |
Polysèmes
2015
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| 主題: | |
| 在線閱讀: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 總結: | Fascinante exploration du mal, plongée dans la « nuit obscure » de l’âme humaine, Black Dogs (1992), le cinquième roman de Ian McEwan, interroge le pouvoir de l’écriture à conjurer le retour des spectres dans le monde postlapsaire issu de la Shoah et à « exhiber l’abject sans se confondre avec lui ». Plus encore que dans ses précédents romans, la mise en crise du récit biographique et historique s’accompagne d’une exploration aux limites du dicible, confrontant la narration à son Autre absolu. Pour approcher l’innommable, c’est dans le mysticisme que l’écriture semble trouver la voie d’un autre mode d’accès à la vérité et la trace de ses affinités secrètes avec la nuit. Mais l’expérience mystique cruciale vers laquelle le récit remonte lentement et que le narrateur entreprend de reconstituer reste elle-même un point obscur, objet inaccessible, diffracté par plusieurs récits enchâssés et fragmentaires. L’épreuve de l’inhumain condamne-t-elle l’écriture au silence en la confrontant à sa propre impossibilité ? Ou manifeste-t-elle une puissance de défiguration qui lui est essentielle ? Si l’activité symbolique trouve son origine dans une violence primaire, alors les « chiens noirs » ne sont pas seulement le signe opaque d’une peur sans nom, mais le signifiant de l’activité symbolique elle-même, ce point aveugle de la représentation, trop profond et fondamental pour être appréhendé ou saisi en pleine lumière : cette violence primaire qui nous conduit à métaphoriser. |
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