History at a Standstill: Agency and Gender in the Image of Civil Rights
Cet essai a pour objet de redonner une importance capitale au pouvoir et à l’influence que nous exerçons dans l’image que nous nous faisons de la barbarie et ce, en examinant des photographies de résistance passive prises durant le Mouvement des droits civiques aux États-Unis dans les années 1960. E...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/polysemes, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Anglais |
| Publicat: |
Polysèmes
2018
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Cet essai a pour objet de redonner une importance capitale au pouvoir et à l’influence que nous exerçons dans l’image que nous nous faisons de la barbarie et ce, en examinant des photographies de résistance passive prises durant le Mouvement des droits civiques aux États-Unis dans les années 1960. En ayant à l’esprit l’appel lancé par Walter Benjamin à “faire exploser le continuum de l’histoire”, continuum qui a tendance à légitimer la barbarie comme tremplin vers le progrès de la civilisation, je me propose de centrer mon analyse sur l’étude de la photographie iconique d’une foule blanche hostile se préparant à agresser trois manifestants attablés au comptoir d’un restaurant, lors d’un sit-in à Jackson, dans le Mississipi, en 1963. Allant à l’encontre de la façon dont les photographies des droits civiques sont traditionnellement récupérées pour construire un récit de progrès social, je choisis deux autres trajectoires. La première met en évidence la logique de répétition, plutôt que la logique de rédemption, qui est à l’œuvre dans la préfiguration de l’assassinat imminent du leader des droits civiques Medgar Evers (et de la succession d’assassinats qui suivront) telle qu’elle peut se lire dans le dos maculé de ketchup du manifestant ayant pris sa place ce jour-là. La seconde cherche à nuancer cette lecture de l’histoire en s’attardant sur le regard solidaire qu’échangent les deux femmes de races différentes assises à ce comptoir. Sans vouloir sentimentaliser la promesse de ce regard, j’avance l’hypothèse selon laquelle une analyse de photographies d’atrocités empreinte d’empathie pourrait permettre de mieux comprendre les origines de ce pouvoir et de cette influence que nous exerçons par l’image. |
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