Rouge : Victor Hugo ou la couleur en perspective

« Nous n’avons que le choix du noir », écrit Victor Hugo dans William Shakespeare. Le choix du noir, c’est bien celui en effet que fait Victor Hugo tant dans ses dessins que dans ses écrits, utilisant dans les deux cas la même plume, la même encre, voire le même papier, plaçant l’encre au cœur de la...

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المؤلف الرئيسي: Boulard, Stéphanie
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Polysèmes 2016
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الملخص:« Nous n’avons que le choix du noir », écrit Victor Hugo dans William Shakespeare. Le choix du noir, c’est bien celui en effet que fait Victor Hugo tant dans ses dessins que dans ses écrits, utilisant dans les deux cas la même plume, la même encre, voire le même papier, plaçant l’encre au cœur de la dialectique ombre/lumière. Nombre de critiques auront donc noté cette prédominance accordée à l’ombre et aux ténèbres pour y lire une phénoménologie négative vis-à-vis du monde visible, les autres couleurs venant nécessairement s’établir en contraste ou au contraire du noir. Or, si dès la Préface de Cromwell Hugo sort la couleur de sa contingence et qu’il l’engage dans l’écriture qui vient ainsi faire un pendant aux dessins, ce n’est pas seulement pour en colorer son style, mais pour l’inscrire dans un système symbolique et métaphorique complexe. Pour Victor Hugo, en effet, l’idée a une couleur et, particulièrement, l’idée de rouge. Nous voulons démontrer en effet que le rouge, chez Hugo, établit avec l’expérience de l’ombre une voie de passage ou une complémentarité. Le rouge envahit les pages de ses romans ou de ses cahiers de notes, et devient en tant que tel une vision haptique - spectacle de théâtre, pôle d’attraction, signe politique, entourant surtout un objet entre tous, un centre de fascination absolu et terrible : la guillotine. Quelle idée vient donc colorer de rouge l’écriture hugolienne ? Quel acte métaphysique ou idéologique communique ou converge dans cette couleur ?