Levée du pictural dans le poème: Coral Bracho dans le vis-à-vis plastique

Souvent chez Coral Bracho (Mexico, 1951), poète de la lumière et de la profondeur, poète de la présence, l’écriture du poème paraît aller vers le tableau. Si l’œuvre, toujours bruissante, est finement travaillée par le son et le rythme, elle est aussi traversée par la logique visuelle, intégrant par...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/polysemes,
Auteur principal: Galland, Nathalie
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Polysèmes 2026
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Souvent chez Coral Bracho (Mexico, 1951), poète de la lumière et de la profondeur, poète de la présence, l’écriture du poème paraît aller vers le tableau. Si l’œuvre, toujours bruissante, est finement travaillée par le son et le rythme, elle est aussi traversée par la logique visuelle, intégrant par exemple à son propre système sémiotique et verbal certains codes de la peinture : recours au titre nominal qui rappelle celui du tableau, fenestrité, déclinaison lexicale de la couleur et de l’éclat, motif du clair-obscur, déploiement de matières et de rythmes, indices de visualisation et contagion par la plastique de la syntaxe du texte. Que les mots fassent venir du paysage dans les vers ou qu’ils dialoguent ouvertement avec une œuvre plastique, l’ordre poétique semble commander les gestes d’un poème pour l’œil. Par la « levée du pictural dans le poème », j’entends poser d’abord l’exaltation d’une image poétique poussée dans « le vis-à-vis plastique » : lieu de transit et d’assimilation de gestes et de textures, ouvroir d’intensité poétique, et territoire pleinement réflexif lorsque, dans le voisinage immédiat du tableau, le poème parle avec lui. Résultat d’une rencontre créatrice avec la plasticienne Irma Palacios (1943), Tierra de entraña ardiente juxtapose tableaux et poèmes dans des diptyques à la « ressemblance instable » (Didi-Huberman), à la très forte résonance esthétique. Ce qui se joue des échanges de matières et de regards dans le vis-à-vis de ce « livre de dialogue » (Peyré) fonde un lyrisme intersémiotique qui renouvelle la lecture du poème et du tableau par le syncrétisme du regard, qui fait monter des vers à la surface picturale et des touches, des traces, du poème, et fait affleurer une présence esthétique dilatée et vibrante.