Some Do Not… et No More Parades de Ford Madox Ford : l’impossible cartographie

Lorsque Ford Madox Ford entreprend la rédaction de sa tétralogie sur la Première Guerre mondiale, Parade’s End (1924-1928), c’est pour rendre compte de la violence faite aux corps des combattants et des civils, ainsi qu’à la terre et aux paysages européens alors que vacille l’ordre ancien. Parade’s...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/polysemes,
Egile nagusia: Vialle, Elisabeth
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Polysèmes 2024
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Lorsque Ford Madox Ford entreprend la rédaction de sa tétralogie sur la Première Guerre mondiale, Parade’s End (1924-1928), c’est pour rendre compte de la violence faite aux corps des combattants et des civils, ainsi qu’à la terre et aux paysages européens alors que vacille l’ordre ancien. Parade’s End est traversé par la crise politique, épistémologique, esthétique qui ébranle l’Europe et trouve son expression dans l’image de la faille, de la béance, image géologique reprise au sein même d’un texte saisi par la fragmentation ou le dédoublement. À la question essentielle de la représentation et de l’aporie dont parlent Benjamin et Bataille, Ford répond par l’image de la carte (géographique ou militaire) sur laquelle tout repère a disparu : « The whole map of the embattled world ran out in front of him – as large as a field. An embossed map in papier mâché – a ten-acre field of embossed papier mâché […] ». Les cartes d’état-major qui ne disent plus que les villes et villages détruits, engloutis sous terre, se trouvent métaphoriquement reproduites à la surface d’un texte haché, troué, entrecoupé de silences qui sont également ceux de la mémoire lacunaire du personnage central, Christopher Tietjens. À partir de l’image saisissante du papier mâché, Ford superpose également une multiplicité de cartes symboliques dont le corps de Tietjens : point aveugle de sa conscience au début de la tétralogie, il est ignoré et invisible, comme absent de sa carte ontologique et incarne la fracture du monde et du sujet. Informe au sens propre du terme, il redevient, lors d’une expérience cathartique, solide, contenu, carte ultime enfin.