Du Souss à Sofala, à pied. Histoires globales de l’Afrique médiévale
Au cours de l’année 1505, les Portugais construisirent deux forteresses aux deux extrémités du continent africain, Santa Cruz do Cabo de Aguer, dans la vallée du Souss au Maroc et São Caetano à Sofala, sur les côtes du Mozambique actuel. À la charnière entre les histoires médiévale et moderne de l’A...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/pm, |
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Préhistoires méditerranéennes
2026
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| Sujets: | |
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Au cours de l’année 1505, les Portugais construisirent deux forteresses aux deux extrémités du continent africain, Santa Cruz do Cabo de Aguer, dans la vallée du Souss au Maroc et São Caetano à Sofala, sur les côtes du Mozambique actuel. À la charnière entre les histoires médiévale et moderne de l’Afrique, les deux forteresses tissent un premier fil entre le Souss et Sofala, deux espaces diamétralement opposés de part et d’autre du continent (1). Mais jusqu’à quel point ces deux espaces, séparés par plus de 10 000 km à vol d’oiseau, participaient-ils, bien avant l’irruption portugaise du début du xvie siècle, d’une seule et même histoire ? Et s’ils participaient bien d’une même histoire à l’époque médiévale, comment la qualifier et comment l’appréhender ?En multipliant les va-et-vient entre les histoires locales du Souss et de Sofala entre les xe et xvie siècles, cet essai propose d’abord un tour d’horizon critique des tentatives récentes d’histoire globale appliquée au continent africain. Il revient, en premier lieu, sur la place assignée au continent par l’histoire de la « première mondialisation » des xve et xvie siècles, caractérisée par l’étude des connexions engendrées par les projets maritimes européens et identifiée chronologiquement avec l’irruption portugaise sur le continent ou, plus exactement, sur ses rivages (2). Cet essai porte ensuite sur un récit émergent et concurrent de la mondialisation entendue comme seule modernité, celui d’une mondialisation antérieure qualifiée de « Moyen Âge global ». En exhumant les registres matériels et textuels des branchements commerciaux, politiques et culturels entre les continents, ce récit propose l’image d’une Afrique médiévale structurée le long d’un vaste arc reliant le Sahel, l’Éthiopie et la côte swahilie pour servir d’interface avec le reste du monde (3).À l’issue de ces deux détours historiographiques, cet essai fait l’hypothèse d’une troisième mondialisation africaine à l’époque médiévale, ou plus exactement d’une mondialisation tierce, interne au continent cette fois, et perceptible à partir du modèle archéologique de la route (4). Ces routes fossiles, et les régimes de mobilité qu’elles sous-tendaient, il est possible d’en retrouver les traces aussi bien sur les terrains archéologiques médiévaux du Souss et de Sofala que dans les textes de l’époque. En particulier, nous nous appuierons largement sur la Sufālīya, l’œuvre nautique d’Ahmad ibn Mājid, le pilote de l’océan Indien du xve siècle, pour démontrer qu’avant d’être reliées par la mer au début du xvie siècle, l’Afrique du Sud-Est et l’Afrique du Nord-Ouest l’avaient été par la terre (5). |
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