Comment se détermine le kathekon ?

Le καθῆκον stoïcien est tout à la fois une « action convenable » et un « devoir » sans être tout à fait ni l’un ni l’autre. Sa définition comprend deux volets, la « conséquence dans la vie » et la « justification raisonnable » (eulogos apologismos). Le premier aspect de la définition correspond au f...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/philosant,
Hlavní autor: Gourinat, Jean-Baptiste
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Philosophie antique 2018
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Le καθῆκον stoïcien est tout à la fois une « action convenable » et un « devoir » sans être tout à fait ni l’un ni l’autre. Sa définition comprend deux volets, la « conséquence dans la vie » et la « justification raisonnable » (eulogos apologismos). Le premier aspect de la définition correspond au fait que le kathekon se comprend comme ce qui convient aux êtres humains mais aussi aux animaux et aux plantes : c’est ce qui est conforme à leur nature ou ce qu’il leur convient de faire en conformité avec leur nature. La seconde partie de la définition est commune à la définition stoïcienne du kathekon et à la définition par l’académicien Arcésilas de ce qu’est une action correcte (katorthoma). Chez Arcésilas, le « raisonnable » désigne le critère d’action dont celui qui pratique la suspension du jugement a besoin pour agir, une fois qu’il se passe de la « compréhension » stoïcienne comme critère de la vérité. Chez les stoïciens, la « justification raisonnable » sert à caracté­riser la détermination objective du devoir, qui peut recevoir une telle justification après coup, même si l’action n’a pas été motivée par une disposition vertueuse, contrairement à l’action parfaite (le katorthoma des stoïciens). Mais en reconnais­sant que certaines des actions qui conviennent à un individu donné ne convien­nent pas à tous les individus, les stoïciens ont accepté au sein de leur conception de la « justification raisonnable », sans toutefois la généraliser à tous les devoirs, la dimension d’incertitude de l’action humaine inhérente à la conception académicienne.