Le genre de l’art en France autour de 1800

Les problématiques du genre aident à comprendre le goût pour le « néoclassicisme » durant la seconde moitié du xviiie siècle en France et aussi les raisons de la réhabilitation du style par des historiens de l’art à partir du milieu du xxe siècle. Ceux-ci se sont inscrits dans la lignée de la vision...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/perspective,
Hlavní autor: Bordes, Philippe
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Perspective 2018
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Les problématiques du genre aident à comprendre le goût pour le « néoclassicisme » durant la seconde moitié du xviiie siècle en France et aussi les raisons de la réhabilitation du style par des historiens de l’art à partir du milieu du xxe siècle. Ceux-ci se sont inscrits dans la lignée de la vision de l’Antiquité que Winckelmann avait initiée, au moment où se formaient des mouvements gay et féministes de résistance à l’homophobie et au sexisme. Ce contexte particulier a entraîné une survalorisation historiographique de la figure de David, au détriment de ses contemporains, Vincent et Regnault. Implicitement, il était reproché à ces derniers une iconographie sentimentale à l’opposé de l’idéologie masculine associée avec l’art de David, qui allait incarner l’esprit républicain. On pourrait dire qu’ils ont été dénigrés comme ont pu l’être pendant longtemps les « femmes artistes ». À partir des années 1970, des féministes ont contesté l’attitude traditionnelle des historiens d’art qui avaient tendance à les enfermer dans cette catégorie à part. De nombreux travaux ont contribué à restaurer la renommée de plusieurs femmes éminentes parmi les peintres et à sortir de l’ombre les quelque deux cents femmes ayant exposé au Salon entre 1791 et 1814. Grâce à cela, ce qui manque à présent pour avoir une vision d’ensemble est une analyse positive de l’art de Vincent et de Regnault, fondée sur l’éloge de valeurs sociales connotées comme féminines. Cette approche révèle une confusion des genres à l’image de la diversité des styles de l’époque, que l’histoire de l’art a peiné à reconnaître. Ces avancées de la recherche ont pour conséquence un paradoxe méthodologique : l’analyse des œuvres ne convainc plus aujourd’hui, ni lorsqu’elle ignore la réalité culturelle du genre, ni lorsque cette réalité est adoptée comme la clé essentielle de l’interprétation.