Pour une histoire queer de l’art : récits alternatifs et expériences de déplacement
Le renouvellement récent des études féministes et de genre dans le champ de l’histoire de l’art s’est cristallisé autour du terme « queer », qui correspond aux pratiques et aux théories de l’entre-deux sexuel et de la fluidité des représentations de genre. En revenant sur le moment historiographique...
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Le renouvellement récent des études féministes et de genre dans le champ de l’histoire de l’art s’est cristallisé autour du terme « queer », qui correspond aux pratiques et aux théories de l’entre-deux sexuel et de la fluidité des représentations de genre. En revenant sur le moment historiographique de fondation du terme dans le contexte étasunien des années 1980-2000, cet article propose d’articuler la contestation politique et esthétique que les pratiques queers embrassent aux différentes formes de récits engagées sur le temps long. Il s’agit d’examiner la manière dont les historiennes et historiens de l’art ont intégré les théories queer à une histoire LGBT marquée par l’invisibilité et le détournement érotique. D’autres formes de généalogies héritées de la pensée foucaldienne sont interrogées à partir des expériences sexuelles et des subjectivités des artistes. Cette histoire queer de l’art s’appuie sur l’examen d’une archéologie plus profonde de la modernité issue des périodes classiques prémodernes. Elle rappelle le rôle des narrations intersectionnelles et des études culturelles qui permettent de déplacer l’histoire de l’art androcentrique vers l’étude des marginalités artistiques de genre, de classe et de race. |
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En revenant sur le moment historiographique de fondation du terme dans le contexte étasunien des années 1980-2000, cet article propose d’articuler la contestation politique et esthétique que les pratiques queers embrassent aux différentes formes de récits engagées sur le temps long. Il s’agit d’examiner la manière dont les historiennes et historiens de l’art ont intégré les théories queer à une histoire LGBT marquée par l’invisibilité et le détournement érotique. D’autres formes de généalogies héritées de la pensée foucaldienne sont interrogées à partir des expériences sexuelles et des subjectivités des artistes. Cette histoire queer de l’art s’appuie sur l’examen d’une archéologie plus profonde de la modernité issue des périodes classiques prémodernes. Elle rappelle le rôle des narrations intersectionnelles et des études culturelles qui permettent de déplacer l’histoire de l’art androcentrique vers l’étude des marginalités artistiques de genre, de classe et de race. The recent renewal of feminist and gender studies within the field of art history has crystallised around the term “queer”, which is associated with the practices and theories of sexual in-betweens and the fluidity of gender representations. By going back to the historiographical moment when the term emerged in the United States between the 1980s and the 2000s, this article seeks to connect the political and aesthetic protest encompassed in queer practices with the different forms of narratives engaged over the long term. It thus examines the way art historians have integrated queer theories into an LGBT history marked by invisibility and erotic subversion. Other forms of genealogies inherited from French philosopher Michel Foucault are explored through artists’ sexual experiences and subjectivities. This queer history of art draws on the examination of a more profound archaeology of the modernity that stems from the classic premodern periods. It recalls the role of the intersectional narratives and cultural studies that allow an androcentric history of art to be displaced towards the study of the artistic margins of gender, class and race. Die jüngsten Impulse für die Kunstgeschichte aus der Feminismusforschung und den Gender- Studies betrafen hauptsächlich den Begriff „queer“, der den Praktiken und Theorien sexueller Zwischenbereiche und der Fluidität von Genderdarstellungen entspricht. Im Rückblick auf den historischen Zeitpunkt, in dem dieser Begriff im US-amerikanischen Kontext der 1980er bis 2000er Jahre geprägt wurde, ermisst der Artikel den politischen und ästhetischen Protest, den die queere Praxis für die verschiedenen langfristig angelegten Erzählformen bedeutet. Im Blick steht dabei die Art und Weise, in der Kunsthistoriker und Kunsthistorikerinnen queere Theorien in eine von erotischer Unsichtbarkeit und Unterschlagung geprägte LGBT-Geschichte aufgenommen haben. Ausgehend von sexuellen Erfahrungen und der subjektiven Wahrnehmung von Künstler und Künstlerinnen werden auch weitere aus Foucaultschen Denken übernommene Genealogieformen hinterfragt. Diese queere Kunstgeschichte stützt sich auf eine tiefgreifende Auseinandersetzung mit den vormodern- klassischen Ursprüngen der Moderne. Sie erinnert an die Rolle intersektionaler Narrative und Kulturwissenschaften, durch die sich die androzentrische Kunstgeschichte mit Forschungen zu den künstlerischen Randgebieten von Gender, Klasse und „Rasse“ neu verorten lässt. Il recente rinnovamento degli studi femministi e di genere nel campo della storia dell’arte si è cristallizzato intorno al termine “queer”, che corrisponde alle pratiche e alle teorie dell’in-between sessuale e della fluidità delle rappresentazioni di genere. Tornando al momento storiografico della coniazione del termine nel contesto americano degli anni 1980-2000, questo articolo si propone di far dialogare la contestazione politica ed estetica tipica delle pratiche queer con le diverse forme di narrazione impegnate nel tempo. Esso esamina inoltre come gli storici dell’arte abbiano inquadrato le teorie queer in una storia LGBT segnata dall’invisibilità e dalla deviazione erotica. Altre forme di genealogie ereditate dal pensiero foucaultiano sono interrogate attraverso le esperienze sessuali e le soggettività degli artisti. Questa storia dell’arte queer si basa sull’esame di un’archeologia più profonda della modernità a partire dai periodi classici premoderni. Essa ricorda il ruolo delle narrazioni intersezionali e degli studi culturali che permettono di indirizzare la storia dell’arte androcentrica verso lo studio delle marginalità artistiche di genere, di classe e razziali. La reciente renovación de los estudios feministas y de género en el campo de la historia del arte se cristalizó alrededor del término “queer”, que proviene de prácticas y teorías relacionadas con lo no binario y el carácter fluido de las representaciones de género. Este artículo propone articular las reclamaciones políticas y estéticas que adoptan las prácticas queer con relatos de largo alcance, volviendo al momento de fundación historiográfica del término en el contexto estado- unidense de los años 1980-2000. Se examina así la manera en la que los y las historiadoras del arte han integrado las teorías queer a una historia LGBT marcada por la invisibilidad y la desviación erótica. A partir de las experiencias sexuales y de las subjetividades de artistas se interrogan otras genealogías heredadas del pensamiento foucaldiano. Esta historia queer del arte se apoya en el examen arqueológico profundo de la modernidad, es decir, de los periodos clásicos premodernos. Recuerda además el rol de las narraciones interseccionales y de los estudios culturales, los cuales permiten desplazar la historia del arte androcéntrico hacia el estudio de las marginalidades artísticas, de género, clase y raza. |