Le Corp(u)s habité de Poussin
Le Groupe de nymphes de Nicolas Poussin (Los Angeles, J. Paul Getty Museum) est une esquisse tirée d’un bas-relief antique représentant des divinités marines. Au verso, on trouve un fragment de prescription médicale décrivant un traitement contre la syphilis, ou morbus gallicus. Les origines inconnu...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/perspective, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Perspective
2022
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Le Groupe de nymphes de Nicolas Poussin (Los Angeles, J. Paul Getty Museum) est une esquisse tirée d’un bas-relief antique représentant des divinités marines. Au verso, on trouve un fragment de prescription médicale décrivant un traitement contre la syphilis, ou morbus gallicus. Les origines inconnues de ce mal francese dont la pandémie a envahi l’Italie du xvie siècle ont inspiré à des auteurs comme Fracastoro dans son poème Syphilis une épidémiologie caractérisée par un diagnostic, et un traitement, issus de la mythologie gréco-romaine. La maladie apparaissait comme une habitation du corps humain par une forme serpentine invisible, la sensation de douleur étant ainsi associée à l’expérience haptique exprimée dans le poème de Jacques Sadolet sur la découverte du Laocoon. Poussin a exploré la représentation de la contagion externe et de l’affliction interne à travers deux peintures : La Peste d’Asdod (musée du Louvre) et Le Martyr de saint Érasme (musées du Vatican). À rebours des spécialistes qui, suivant les propos d’Aby Warburg, parlent de survivance (nachleben) d’un passé païen, cet article analyse les œuvres de Poussin à la lumière des propos de Jean Seznec, dans La Survivance des dieux antiques (1939), sur l’ambivalence de la première modernité vis-à-vis de l’Antiquité. |
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