Mutiler, tuer, désactiver les images en Égypte pharaonique

Les antiquités égyptiennes qui nous sont parvenues sont souvent sévèrement mutilées. Si des causes naturelles et accidentelles peuvent être à l’origine des dommages, les images portent dans de très nombreux cas des traces évidentes de dégradation intentionnelle. À l’époque pharaonique, les images so...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/perspective,
Autor principal: Connor, Simon
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Perspective 2019
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Les antiquités égyptiennes qui nous sont parvenues sont souvent sévèrement mutilées. Si des causes naturelles et accidentelles peuvent être à l’origine des dommages, les images portent dans de très nombreux cas des traces évidentes de dégradation intentionnelle. À l’époque pharaonique, les images sont considérées comme puissantes et significatives, actives en tant que substituts de l’être représenté. Elles sont soignées, servent à des rites, connaissent des déplacements, sont parfois transformées et, dans beaucoup de cas, mutilées ou brisées. Pendant la période chrétienne, on les considère comme des reliques du paganisme et, en tant que telles, elles sont l’objet de vandalisme. Les contextes pharaoniques témoignent également de plusieurs phases de mutilation des images. Plusieurs causes peuvent avoir entraîné cette pratique : damnatio memoriae, pillages, dommages causés par la guerre, mais parfois aussi des raisons plus pratiques, comme la réutilisation de matériaux. Dans beaucoup de situations, comme peut-être dans le cas des « cachettes », dans lesquelles les images sont enterrées sous le pavement d’une cour du temple, la dégradation des supports du culte peut avoir été un moyen de priver l’objet de ses facultés lorsqu’il était extrait de son contexte architectural et rituel. La mutilation serait alors un moyen de « désactiver » l’image avant de l’enterrer et de la protéger magiquement.