Entre gestes ordinaires et mémoire intime : ce que signifie « avoir le truc » dans les ateliers Tupperware
Introduits au début des années 2000 en France, les ateliers Tupperware prennent place dans les cuisines, autour de gestes simples et d’objets familiers. Derrière leur apparente simplicité, ces moments partagés entre voisines, amies ou collègues donnent lieu à bien plus qu’une démonstration culinaire...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/pds, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Patrimoines du Sud
2025
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Introduits au début des années 2000 en France, les ateliers Tupperware prennent place dans les cuisines, autour de gestes simples et d’objets familiers. Derrière leur apparente simplicité, ces moments partagés entre voisines, amies ou collègues donnent lieu à bien plus qu’une démonstration culinaire : ils font naître des liens, encouragent les échanges et permettent la circulation de savoirs transmis de manière informelle. Peu à peu, ces ateliers s’imposent comme des espaces d’articulation entre l’intime et le collectif, où se partagent des savoir-faire, des souvenirs et des manières d’être ensemble. À travers la manipulation d’objets du quotidien, ils permettent la transmission de gestes, de connaissances et d’histoires, contribuant à l’écriture discrète d’une mémoire partagée entre participantes. Ces rencontres reposent sur une organisation précise, faite de rôles, de gestes et de mises en scène. Les ateliers forment un cadre ritualisé, propice à l’émergence d’un entre-soi féminin structuré autour de la pratique culinaire, du partage d’astuces et de la transmission domestique. Cet article met en lumière un héritage matériel et relationnel peu visible, fondé sur les gestes du quotidien, les objets de cuisine et les liens tissés entre femmes lors de ces regroupements. À travers une enquête ethnographique menée en région toulousaine entre 2023 et 2024 dans le cadre d’un master 2 en anthropologie, il montre que ces ateliers constituent des espaces de transmission, de sociabilité et de mémoire. Les participantes y partagent des recettes, manipulent des ustensiles, échangent des conseils pratiques et évoquent des souvenirs personnels. Les objets, souvent conservés pendant des années, deviennent des supports de mémoire et de reconnaissance. Ces moments partagés, ancrés dans le cadre domestique, participent à la valorisation de savoir-faire longtemps considérés comme ordinaires. À l’heure où l’entreprise Tupperware décline, ces ateliers révèlent toute leur portée affective et l’attachement que les femmes portent à ce dispositif. Ils incarnent une culture féminine fondée sur des gestes simples et des formes de sociabilité discrètes mais durables. |
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