Le décor peint de l’église d’Aurin (Haute-Garonne)

L’intérêt de la petite église du XVIe siècle Sainte-Apollonie, à nef unique, tient à un ensemble de François Bernadi (1922-2022), pêcheur de Collioure, aux qualités de graphiste reconnues par Raoul Dufy et d’écrivain par Albert Camus.Par amitié pour le curé Ibos, rencontré en 1950, il recouvre « pou...

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Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/pds,
Glavni avtor: Mullier, Christian
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Patrimoines du Sud 2023
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Izvleček:L’intérêt de la petite église du XVIe siècle Sainte-Apollonie, à nef unique, tient à un ensemble de François Bernadi (1922-2022), pêcheur de Collioure, aux qualités de graphiste reconnues par Raoul Dufy et d’écrivain par Albert Camus.Par amitié pour le curé Ibos, rencontré en 1950, il recouvre « pour le prix d’un imperméable », en six mois seulement, les murs du chœur d’une profusion de peintures à la détrempe sur plâtre relatant la légende de la sainte vénérée par le curé en deux triptyques vis-à-vis : son arrestation et son martyre. Le départ du curé Ibos interrompt le décor de la nef, que Bernadi, profitant de la rénovation de l’église, n’achève qu’en 1996 ; et il peint enfin sur les murs du porche les Noces de Cana, un autre sujet cher au curé Ibos.La spontanéité du peintre qui avoue lui-même : « … pas de style, pas de théorie, ça vient du cœur, des mains », se traduit par l’absence de programme réel autant que par le geste pictural, la vigueur des compositions et l’association à la peinture d’autres techniques : sculpture, modelage, gravure ou plutôt estampage du support. La palette colorée proche d’un fauvisme méditerranéen lumineux montre une certaine parenté avec l’œuvre de Derain que Bernadi admirait.L’empathie de Bernadi pour ses contemporains est sensible : la sainte a les traits de sa future épouse, comme d’autres personnages ont le visage d’Aurinois réels. De même qu’une multitude de poissons, symbole chrétien ancien, sont comme pris dans un filet, un taureau mort évoque sans doute les réfugiés espagnols, dont certains étaient ses amis : cette bienveillance évidente se teinte ainsi parfois d’âpreté.