Chapitre 25. Bilan de l’organisation spatiale de l’occupation
Les blocs volumineux en roches métamorphiques ont été parmi les premiers éléments lithiques d’agencement du campement apportés par les Solutréens et répartis sur les différents secteurs du site. Peu ou non déplacés, certains ont été débités sur enclume pour produire des tranchants, d’autres utilisés...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/paleo, |
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| Auteurs principaux: | , , , , , , |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Paleo
2025
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Les blocs volumineux en roches métamorphiques ont été parmi les premiers éléments lithiques d’agencement du campement apportés par les Solutréens et répartis sur les différents secteurs du site. Peu ou non déplacés, certains ont été débités sur enclume pour produire des tranchants, d’autres utilisés comme enclume ou billot passif pour le travail de matériaux lithiques ou organiques, ou aménagés en macro-outils pour la transformation de matériaux variés ; enfin, d’autres non modifiés ont pu servir à l’aménagement d’une ou plusieurs structures de protection des occupants. Les agencements de ces blocs massifs constituent les vestiges encore lisibles et interprétables de lieux au sein et autour desquels se sont succédé les activités domestiques et de subsistance internes et propres aux secteurs d’occupation.Plusieurs accumulations de galets non transformés ont été découverts à l’écart des zones de fortes densités et d’activités des secteurs d’occupation (au nord des secteurs 2 et 3, et dans les secteurs 4 et 5). Outre une fonction passive potentielle pour des activités de traitement ou de conservation de matériaux organiques, ils signalent a minima de probables emplacements de stockage de galets spécifiques, après leur sélection dans les alluvions et leur apport sur le site ; c’est en leur sein qu’ont pu être prélevés certains des éléments lithiques nécessaires aux activités successives de production et/ou de subsistance ; certains étant ensuite débités, d’autres devenant outils mobiles tranchants ou percutants, de très nombreux pouvant par la suite être destinés aux structures de combustion et/ou de chauffe.Les quatre plus grands secteurs d’occupation ont livré des concentrations de galets chauffés et de fragments thermiques de galets, parfois mêlés à d’autres galets intacts. Les trois plus significatives et denses étaient présentes dans trois secteurs différents : l’une dans le secteur 2 près de l’amas de silex 1, une autre en forme de cuvette dans le secteur 4 à l’est de l’amas 3 jouxtant une forte concentration de galets intacts, et la dernière dans le secteur 5 près de l’amas de façonnage 4.Rien ne permet pour l’instant d’étayer l’hypothèse de chauffe in situ de ces galets ; ils pourraient avoir été chauffés dans d’autres lieux et regroupés ensuite dans les espaces où ils ont été découverts pour leur propriétés thermiques (transformation de matériaux minéraux, organiques et/ou de denrées alimentaires).Plusieurs amas spécifiques de production lithique sur silex ont été mis au jour dans les différents secteurs d’occupation : les amas 1 à 6. De dimensions, de densités et de compositions variées, ils montrent que des processus de débitage ou de façonnage, ou encore de productions mixtes, ont été conduits de manière continue, en des lieux distincts d’autres espaces de vie ou d’activités, en vue de la production de supports laminaires ou d’outils bifaciaux. En rappelant que les amas 1 et 3 ont livré essentiellement des indices de débitage laminaire et que l’amas 4 concentre surtout des déchets de façonnage ; les autres amas 2, 4, 5 et 6 ont révélé des déchets issus des deux conceptions de production. Dans leur ensemble, les amas ont livré peu ou pas d’outils, sur lame ou façonnés, fracturés en cours de finition, ce qui suggère que les opérations de retouche et d’affûtage de ces supports et outils ont été réalisées ensuite hors amas.La production lithique de supports diversifiés sur silex ou sur roches métamorphiques n’a pas été menée uniquement au sein des amas de débitage et/ou de façonnage, elle a aussi été conduite de manière discontinue et diversifiée, au fur et à mesure des besoins, des interactions, sur des surfaces plus vastes au sein des différents secteurs. En effet, outre le fait que les amas ont livré peu de nucléus ou d’outils façonnés non finis, les secteurs ont montré la présence éparse, parfois sous forme de regroupements de préformes de feuille de laurier (souvent cassées), de nucléus, ou de supports de débitage qui montrent que les activités de production ont perduré au-delà des moments d’initialisation des nucléus ou des ébauches bifaciales. La reprise et/ou le recyclage de certains nucléus ou de pièces façonnées non abouties pour des activités ponctuelles et opportunistes pourraient en partie expliquer cette discontinuité temporelle et spatiale des moments de production. Enfin, il faut garder à l’esprit que nombre de nucléus ou d’outils façonnés non fonctionnels témoignent de l’intervention de sujets non experts qui pourraient avoir « récupéré et pris en main » ces matrices dans les amas pour tenter de les exploiter ou les transformer dans d’autres espaces.Les significations respectives des répartitions des outils façonnés et des outils sur lames ou sur éclats ne relèvent pas du même registre interprétatif. Pour les pièces foliacées, il faut garder à l’esprit que nombre d’entre elles ont été fracturées avant leur finition et a fortiori avant leur utilisation ; leur dispersion générale semble résulter de leurs abandons probables sur les lieux de leur fracturation au façonnage ; seules quelques pièces auraient été finies et abandonnées après utilisation en boucherie ou en cours de réfection, c’est le cas de deux pièces foliacées utilisées en boucherie ; une quantité indéfinie d’outils façonnés en état de fonctionner a probablement été emportée hors du site en prévision d’une utilisation ultérieure anticipée.Pour les outils sur lame et sur éclat il apparaît, au sein même des vastes zones de production mixte des secteurs 3, 4 et 5, la présence d’espaces délimités d’utilisation de perçoirs, de pièces esquillées ou de lames brutes utilisées pour la découpe sur supports pour la transformation de matière tendre ou dure, organique ou minérale. Les mêmes secteurs 3, 4 et 5 ont révélé, d’autre part, des aires plus étendues et non spécifiques de consommation variée d’autres outils assez diversifiés : grattoirs, burins, lames et éclats retouchés, le plus souvent ayant été mis en œuvre pour le traitement de peaux ou la boucherie.Enfin, il faut signaler les quelques pointes à cran avec des traces d’impact, trouvées aux abords des concentrations de galets chauffés ou intacts et de l’amas de silex 3 dans le secteur 4 au sud-est du site. |
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