Ryoko Sekiguchi : l’exil entre simultanéité et surimpression
Lors d’un entretien, Ryoko Sekiguchi a remarqué à propos de son expérience de l’exil : « les personnes exilées vivent toujours deux saisons simultanément » (2021). Ce qui fait, par exemple qu’en hiver elle puisse vivre avec le ciel de Tokyo, de Beyrouth ou de Grenade, tout en étant à Paris. Cette ub...
Kaydedildi:
| Yayımlandı: | URI:https://journals.openedition.org/oltreoceano, |
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| Yazar: | |
| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
Oltreoceano
2026
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| Konular: | |
| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | Lors d’un entretien, Ryoko Sekiguchi a remarqué à propos de son expérience de l’exil : « les personnes exilées vivent toujours deux saisons simultanément » (2021). Ce qui fait, par exemple qu’en hiver elle puisse vivre avec le ciel de Tokyo, de Beyrouth ou de Grenade, tout en étant à Paris. Cette ubiquité imaginative de la présence se pose non seulement au centre de sa condition d’étrangère en France, mais aussi au cœur de son œuvre poétique, impliquant des espace-temps caractérisés par un principe de simultanéité et par la tentative constante de superposer plusieurs textes ou plusieurs voix sur une même surface sensible. Dans le cadre de cette étude, nous analysons le rôle joué par la simultanéité et la surimpression en tant qu’outils poétiques et heuristiques dans l’œuvre de la poétesse. Parmi les ouvrages composant son vaste corpus, nous avons choisi de nous concentrer notamment sur Héliotropes. Ce livre nous semble particulièrement significatif, puisqu’il fonde la simultanéité de tous ses éléments constitutifs sur la superposition entre monde poétique et monde des plantes. Après avoir brièvement présenté le texte, nous explorons la superposition entre formes textuelles et formes végétales afin de dégager les principes de spatialisation qui permettent à Sekiguchi de neutraliser le temps : nous nous penchons d’abord sur l’isomorphie entre bloc métrique et bloc botanique, car la mesure choisi par l’auteure repose sur un principe de cristallisation qui ne laisse aucune place à la prolifération aléatoire et rappelle, d’un côté, les principes géométriques gouvernant la formation des structures régulières et symétriques des plantes, de l’autre, la volonté d’ordre qui permet d’aménager la nature en jardin. Ensuite, nous examinons l’analogie entre les formes de greffe textuelle et les greffes dites végétales Nous souhaitons ainsi reconstruire les mouvements et les espace-temps de cette écriture de l’exil qui se configure comme l’écoute simultanée des sonorités multiples. |
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