Recherches sur les univers de sens (post)coloniaux – Un essai réflexif sur la décolonisation des savoirs

Partant du questionnement entraîné à la fois par le paradigme narratologique en anthropologie et par la critique post ou décoloniale qui ont remis en cause la place de l’auteur dans le texte et la dissymétrie de la relation qui lie le chercheur à ses interlocuteurs, cet article propose un retour réf...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/nuevomundo,
Autor principal: Chivallon, Christine
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Nuevo mundo mundos nuevos 2019
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Partant du questionnement entraîné à la fois par le paradigme narratologique en anthropologie et par la critique post ou décoloniale qui ont remis en cause la place de l’auteur dans le texte et la dissymétrie de la relation qui lie le chercheur à ses interlocuteurs, cet article propose un retour réflexif sur des recherches conduites en milieu (post)colonial antillais. Il s’intéresse avant tout à la phase scripturale « post-terrain ». Il postule qu’il existe deux ordres interdépendants de « décolonisation » des savoirs dans la sphère académique elle-même. L’un, plutôt intérieur au discours produit dans cette sphère, autorise une certaine déconstruction des catégories coloniales à partir du moment où est pratiquée la discursivité normative du moment postcolonial. L’autre, plutôt extérieur au discours, concerne le contexte d’énonciation de ce dernier et en assure l’acceptabilité, la circulation et la réception au sein de la « communauté scientifique ». Pour ce dernier ordre, la décolonisation en question peut apparaître illusoire dans la mesure où les projets de connaissance n’atteignent pas véritablement les instances de production du savoir dans la part de colonialité qu’elles contiennent. L’analyse s’appuie principalement sur les recherches de l’auteur. Elle décrit d’abord leur socle « socio-épistémique » puis prend pour exemple une étude sur la mémoire de l’esclavage à la Martinique. Elle aboutit à la reprise nécessaire de ces deux « ordres du discours » de la décolonisation des savoirs pour en discuter l’illusion « décolonisatrice » et le désenchantement qu’ils répercutent quand l’espace d’énonciation n’apparaît guère différent de celui fondé par la colonialité-modernité du savoir.