Entre douleur et raison : sociologie de la production de figures de victimes en contexte colombien

Les victimes ont gagné depuis la fin des années 1990 une place centrale dans l’imaginaire et dans les dispositifs associés aux sorties de conflit et de dictature, notamment en Amérique latine. C’est le cas en Colombie, pays qui ne connaît pas de transition à la démocratie comme dans le Cône sud des...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/nuevomundo,
Auteur principal: Lecombe, Delphine
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Nuevo mundo mundos nuevos 2015
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Les victimes ont gagné depuis la fin des années 1990 une place centrale dans l’imaginaire et dans les dispositifs associés aux sorties de conflit et de dictature, notamment en Amérique latine. C’est le cas en Colombie, pays qui ne connaît pas de transition à la démocratie comme dans le Cône sud des années 1990, mais où l’Etat colombien met en place depuis la démobilisation des paramilitaires en 2002 des politiques de justice transitionnelle, notamment destinées aux victimes des groupes armés illégaux. Mais comment construit-on socialement des victimes en contexte conflictuel ? Par quel processus en vient-on à associer des femmes, des hommes ou d’enfants à la catégorie de victime ? L’article vise à étudier par quelles modalités des dispositifs de sensibilisation à la cause des victimes participent à produire des figures victimaires du conflit colombien. Il montre que les dispositifs donnent non seulement à voir et à sentir la douleur des victimes, mais qu’ils les érigent également en victimes « attestées », c’est à dire raisonnables, dépolitisées et conformes aux normes et rôles sociaux traditionnels de la société colombienne.