La politique minière du Mouvement vers le Socialisme (MAS) : entre réappropriation publique et illégalismes coopérativistes

Au mois d’octobre 2006, éclatent au sein de la mine de Huanuni des affrontements armés mettant aux prises les salariés de la Corporation minière de Bolivie (Comibol) et des mineurs coopérativistes déterminés à garder la main sur la colline Posokoni, dont la forte teneur en étain se voit revendiquée...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/nuevomundo,
Hovedforfatter: Arpoulet, Vincent
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Nuevo mundo mundos nuevos 2026
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Au mois d’octobre 2006, éclatent au sein de la mine de Huanuni des affrontements armés mettant aux prises les salariés de la Corporation minière de Bolivie (Comibol) et des mineurs coopérativistes déterminés à garder la main sur la colline Posokoni, dont la forte teneur en étain se voit revendiquée par un État désireux de réaffirmer sa souveraineté sur l’ensemble des minerais présents sur le sol bolivien. À la suite de cet incident, Guillermo Dalence, figure de la Fédération syndicale des travailleurs mineurs de Bolivie (FSTMB) chargée de représenter les salariés des mines publiques et privées, est nommé à la tête du ministère des Mines en lieu et place du coopérativiste Walter Villaroel. Ce remaniement met en lumière la contradiction inhérente à la politique minière mise en place par Evo Morales. Celle-ci repose en effet sur un compromis entre la réaffirmation de la mainmise de l’État sur l’intégralité du processus d’extraction et de commercialisation des ressources minières et la volonté, dans le même temps, d’engager une rupture avec l’extraction minière à grande échelle en encourageant une réappropriation plus locale des moyens d’extraction au profit de coopératives minières qui semblent alors représenter l’instrument central de cette stratégie. Cet article vise ainsi à analyser l’impact de ce difficile compromis sur la redéfinition de la propriété des ressources minières à la suite de l’élection d’Evo Morales et la manière dont les contradictions qui en découlent au sein de la nouvelle législation minière permettent à un certain nombre de coopératives de prendre possession, par l’illégalisme, des ressources relevant théoriquement de la propriété de l’État.